Les constructeurs allemands devront bien s’armer et se justifier face aux nouvelles accusations dont ils font l’objet : Volkswagen, Daimler et BMW auraient procédé à des tests d’émissions de gaz diesel sur des singes. Il s’agit d’une révélation du New York Times publiée le week-end du 27 et 28 janvier 2018. L’équipementier Bosch serait aussi incriminé.

Selon le quotidien, l’association européenne de santé dans le secteur du transport EUGT, fondée par ces quatre groupes (fermée depuis), aurait conduit ces expériences en 2014 sur le sol américain. Des singes auraient été enfermés face à des dessins animés pendant qu'on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle de la marque Volkswagen.

Un autre média allemand est beaucoup plus précis sur une autre affaire, cette fois-ci sur des êtres humains et en Allemagne. Il mentionne des tests sur les effets de l’inhalation d’oxydes d’azote (Nox) qui auraient été effectués en institut hospitalier sur quelque 25 personnes en bonne santé.

Les constructeurs allemands réfutent ces accusations. Quand Daimler « se distance expressément de l’étude et de l’EUGT », Mercedes-Benz condamne également "les expériences dans les termes les plus forts et se consterne des études et de leur mise en œuvre". BMW a démenti y avoir participé.

Mais Volkswagen prend "clairement ses distances avec toute forme de maltraitance d’animaux  et présente ses excuses". Il se dit convaincu "que les méthodes scientifiques choisies à l'époque étaient mauvaises" et déplore "le manque de jugement de certaines personnes".

Mais aucune de ces déclarations concernant ces deux affaires distinctes n'a suffi à éteindre la polémique qui frappe les constructeurs depuis le dieselgate. Car du côté du gouvernement, les réactions sont toutes aussi vives.
L'Etat "condamne" les tests menés pour le compte des constructeurs automobiles allemands sur des êtres humains et des singes. Ces deux nouvelles affaires "montrent que la confiance en l'industrie automobile est à nouveau écornée", a ajouté le ministre des Transports et l'Agriculture Christian Schmidt, qui a demandé à la commission d'enquête chargée du "dieselgate" de se pencher aussi sur ces accusations. Il a demandé "des explications" aux groupes impliqués soit ceux qui finançaient ensemble l'organisme EUGT à l'origine des deux programmes de recherche controversés.

La ministre allemande de l’Environnement, Barbara Hendricks, est "écoeurée" d’apprendre ces révélations. Elle ajoute que "les dessous de ce scandale doivent être rapidement mis au jour".
Pour le ministre de l’Economie de Basse-Saxe, Bernt Althusmann, ces expériences sont absurdes et inexcusables. Il appelle à une enquête approfondie et une condamnation lourde pour les responsables.