Financièrement, le groupe Volkswagen affiche une excellente santé. Pourtant, son image reste entachée par le dieselgate et par le récent scandale sur l'utilisation de singes dans des tests aux Etats-Unis, baptisé par certains monkeygate.

Selon le protocole de ces tests remontant à 2014 et visant à prouver l'innocuité du diesel aux clients américains, les primates avaient été enfermés face à des dessins animés pendant qu'on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, le successeur de la Coccinelle.

Un nouveau catalogue de lignes éthiques et morales


Fin janvier 2018, le groupe a suspendu son lobbyiste en chef, Thomas Steg, pour le rôle qu'il a joué, de son propre aveu, dans ces tests.

Pour redorer le blason de la firme, son directoire a initié la création d'un nouveau catalogue de lignes directrices éthiques et morales.

C'est le moment ou jamais de démontrer sa bonne volonté. Il en a les moyens. En effet, le constructeur allemand se porte plutôt bien.

En 2017, à 11,35 milliards d'euros, son bénéfice net part du groupe a plus que doublé par rapport à l'année précédente, qui s'était soldée sur un résultat net de 5,14 milliards d'euros.

Cet exercice intervenait après une perte inédite d'1,6 milliard d'euros en 2015, plombée par les premières et lourdes provisions passées en raison du dieselgate.

Le chiffre d'affaires du groupe a atteint quant à lui un niveau record de 230,7 milliards d'euros pour 10,7 millions de véhicules vendus, deux plus hauts niveaux dans l'histoire du constructeur.

Les ambitions corrigées du groupe


Le groupe Volkswagen se trouve au coude à coude avec l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, qui a revendiqué l'an dernier le titre de premier constructeur automobile mondial avec 10,6 millions de véhicules, alors que VW en a livré un peu moins en excluant ses camions des marques MAN et Scania.

Mais devenir le premier constructeur mondial n'est plus l'objectif du groupe, comme ce fût le cas avec le scandale, sous la houlette de l'ancien patron, Martin Winterkorn.

Matthias Müller, l'actuel patron, entend se concentrer sur la croissance rentable et si possible sur une image incontestable.

Côté rentabilité, le groupe est dans les clous. Sa marge opérationnelle, mesure de sa rentabilité, a grimpé à 7,4% avant effets exceptionnels, soit plus que la fourchette attendue de 6 à 7%.

C'est le fruit d'une discipline sur les coûts et de la croissance des ventes de SUV qui dégagent des marges confortables.

Des changements profonds à surmonter



Côté image, la firme n'en na pas pour autant fini avec les stigmates du dieselgate. L'année passée a été grevée de 3,2 milliards d'euros de charges exceptionnelles, à cause d'un rappel plus compliqué que prévu de ses véhicules aux moteurs diesel truqués 2 litres aux Etats-Unis et de risques juridiques plus élevés.

"Nous sommes confrontés, comme toute l'industrie automobile, à des défis majeurs et à des changements profonds", a déclaré Matthias Müller. "L'excellent résultat de l'an dernier nous donne une base solide et toutes les raisons d'avoir confiance".


Pour l'année en cours, il vise une augmentation "modérée" des livraisons "dans des conditions de marché toujours difficiles", ce qui doit se traduire par une hausse allant "jusqu'à 5%" de son chiffre d'affaires. La marge opérationnelle devrait de son côté être comprise entre 6,5 et 7,5% avant effets exceptionnels.