Tout se précipite à la tête du groupe Volkswagen. Le géant allemand va réunir ce jeudi son conseil de surveillance pour un profond renouvellement à la tête du groupe, soit un jour d'avance sur le calendrier prévu.

La réunion de l'instance de contrôle du premier constructeur automobile mondial annoncera dans la foulée ses décisions.

La presse unanime évoque depuis deux jours le remplacement du PDG depuis septembre 2015, Matthias Müller, par Herbert Diess, l'actuel responsable de la marque VW au sein du groupe.

Volkswagen avait annoncé le 10 avril à la surprise générale qu'il "envisageait" des "changements" à sa tête, mais sans donner plus de détails.

Dans un communiqué, le groupe avait simplement précisé que M. Müller se disait "prêt à contribuer aux changements".

Matthias Müller avait été appelé à la rescousse par Volkswagen au plus fort du scandale des moteurs diesel truqués, pour remplacer au pied levé l'ancien patron, Martin Winterkorn, contraint à la démission.

Matthias Muller, gestionnaire de crise, aurait déjà fini sa mission


Ancien président de la filiale Porsche, M.Müller, dont le contrat devait s'étaler jusqu'en 2020, a lancé une restructuration massive tournée vers l'électrification et la réduction des coûts, destinée à sortir Volkswagen de la tourmente.

Surtout, M.Müller a œuvré "comme gestionnaire de crise (du dieselgate), et la grande partie de cette tâche est désormais accomplie", a commenté Jürgen Pieper, analyste automobile à la banque Metzler.

Le scandale, qui a valu au groupe une série de plaintes aux Etats-Unis et des perquisitions dans ses bureaux allemands, a depuis coûté en rappels de véhicules et procédures judiciaires quelque 25 milliards d'euros au constructeur.

Un nouvel organigramme


Au delà du président, des changements sur d'autres postes du directoire devraient être entérinés, plusieurs médias évoquant notamment le départ du responsable des ressources humaines, Karlheinz Blessing.

VW devrait par ailleurs engager une refonte de son organigramme en quatre pôles, selon l'hebdomadaire Spiegel, citant des sources au sein de l'entreprise.

En plus de branches "volume" (VW, Skoda et Seat) et d'une branche "utilitaires", une branche "premium" devrait englober Audi et une branche sport baptisée "super premium" rassembler les marques Porsche, Bugatti, Bentley et Lamborghini.