Fort de sa plate-forme pour véhicules électriques, baptisée MEB, la marque Volkswagen espère livrer un million de véhicules électriques d’ici à 2025.

Elle table sur une forte demande en Europe et en Chine et sur des possibilités non encore exploitées dans l'hémisphère sud.

La plate-forme de production MEB, à partir de laquelle sont conçus et produits une trentaine de modèles électriques des quatre marques du groupe de Wolfsburg, doit permettre de réaliser d’appréciables économies d’échelle.

“On peut avancer que nous dépasserons l’objectif du million à partir de la MEB”, a déclaré à Reuters Christian Senger, directeur du pôle mobilité électrique de la marque VW.

Le frein du faible maillage en bornes de recharge


BMW a dit la semaine dernière qu’il lancerait la production industrielle de voitures électriques en 2020, tandis que Mercedes-Benz compte lancer plus de modèles de voitures électriques d’ici 2022.

En dehors de la Chine, qui investit massivement dans la voiture électrique pour surmonter un problème chronique de pollution de l’air, de l’Europe et des Etats-Unis, Volkswagen décèle des perspectives d’avenir en Amérique latine, qui ne se reflètent pas encore dans ses objectifs de vente, a poursuivi Senger.

Le groupe dans son ensemble ambitionne de vendre trois millions de véhicules électriques d’ici à 2025, de marque VW, Audi, Posrche et Skoda.

Un an d'attente pour l'e-Golf


Le temps d’attente pour l’e-Golf dépasse maintenant l’année. La demande est soutenue par des subventions publiques et industrielles qui ont permis de réduire son prix d’un tiers environ autour de 25.000 euros.

Le comité d’entreprise de VW est plus mesuré et souligne qu’il faudra au préalable beaucoup plus progresser sur le chapitre des bornes de recharge si le constructeur veut atteindre son objectif commercial.

Les deux tiers des 1.800 personnes interrogées en mars en Allemagne par le consultant Deloitte déclaraient que leur prochain véhicule aurait un moteur à explosion, tandis que 23% choisissaient l’hybride et 7% seulement l’électrique.

“Les véhicules électriques ne sont compétitifs que moyennant d’importantes subventions et il y a encore des points d’interrogation sur l’autonomie et sur le réseau de recharge”, a dit un analyste.

Ce qui n’inquiète pas Senger outre mesure.

“Nous anticipons ici des taux de croissance que nous n’avons dans aucun autre produit”, a-t-il dit. La demande reste instable “mais les indicateurs le montrent: dépasser l’objectif d’un million, c’est faisable”.