Le nouveau cycle de mesure des consommations, appelé WLTP, entre progressivement en application depuis le 1er septembre 2017. Au 1er septembre prochain, toutes les voitures neuves vendues devront témoigner de consommations et d'émissions mesurées selon la nouvelle méthode (même si les "fins de série" mesurées selon le NEDC seront tolérées jusqu'en septembre 2019).

Le Suédois Volvo a donc pris les devants, et a homologué ou ré-homologué l'ensemble de ses moteurs : "Volvo réaffirme par cette mise en conformité anticipée son rôle de précurseur dans le domaine des systèmes de propulsion et des performances environnementales" indique le constructeur dans un communiqué.
Et selon les comparaisons effectuées par L'argus, force est de constater que la grande flambée des émissions redoutée par certains n'a pas eu lieu. L'affaire est évidemment complexe, et sans doute le fait que Volvo soit un constructeur premium qui utilise de gros moteurs et des boites automatiques a t-il joué en sa faveur.

Explication en 8 exemples

- Volvo V40 D2 (120 ch), boite manuelle (BM) : 122 g de CO2 par km selon le WLTP / 94 g selon le NEDC (+29,7%)
- Volvo V40 D3 (150 ch), boite automatique (BA) : 121 g WLTP / 101 g NEDC (+19,8%)
- Volvo V40 T3 (152 ch), BM : 139 g WLTP / 127 g NEDC (+9,4%)
- Volvo V40 T3 (152 ch), BA : 132 g WLTP / 129 g NEDC (+2,3%)

- Volvo S90 D4 (190 ch), BA : 121 g WLTP / 116 g NEDC (+4,3%)
- Volvo S90 T5 (250 ch), BA : 154 g WLTP / 152 g NEDC (+1,3%)

- Volvo XC90 D5 (235 ch) BA : 158 g WLTP / 149 g NEDC (+6%)
- Volvo XC 90 T8 Twin engine (310 ch) BA : 59 g WLTP / 49 g NEDC (+20,4%)

A toutes fins utiles, Volvo France précise que la marque n'a pas modifié outre mesure ses moteurs dans le but de les ré-homologuer. Les diesels se sont parés d'une injection d'Adblue pour contenir les émissions d'oxydes d'azote, tandis que les moteurs à essence ont été dotés d'un filtre à particules. Ce qui explique quelques baisses de puissance, comme sur le XC90 T8 qui a perdu 10 chevaux par exemple.

La lecture des résultats est donc conforme à ce que bien des spécialistes de l'Utac ou chez les constructeurs avaient annoncé depuis longtemps. Le cycle WLTP en lui-même, en dépit des vitesses atteintes plus élevées, ne fait guère évoluer les émissions de CO2.
Volvo XC90 T8 Twin Engine
La masse moyenne des véhicules testés, ainsi que les "lois de route" expliquent essentiellement les hausses d'émissions constatées.

D'autre part, comme le WLTP donne la part belle au roulage sur autoroute et aux accélérations franches, les moteurs de forte cylindrée et les boites automatiques ne voient pas leurs émissions grimper outre mesure. L'affaire sera sans doute différente lorsque les constructeurs français, spécialistes des petites autos, homologueront à leur tour leurs moteurs.