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Recyclage : la filière de la batterie se moralise

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Joseph Gicquel

Mardi 11 septembre 2012

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La valorisation de la batterie, qui est considérée comme un déchet, a depuis toujours suscité des intérêts peu scrupuleux. Une nouvelle réglementation va mieux encadrer la filière et imposer des bonnes pratiques.

 Recyclage : la filière de la batterie se moraliseLe plomb incorporé dans les batteries est une matière première cotée et donc exploitée. Ces revenus en font une filière lucrative. Et cela avec « très peu d’efforts » disent les mauvaises langues : les garagistes et les recycleurs n’ont qu’à sortir la batterie, la tester pour savoir si elle peut être revendue d’occasion, et, si ce n’est pas le cas, la déposer dans un bac. Mais des démonteurs les balancent plus qu’ils ne les déposent ! Le bris de l’enveloppe (bac dans le langage des fabricants) est la cause de fuites d’acide dans l’environnement.

 

 Recyclage : la filière de la batterie se moraliseTraçabilité
En conséquence, des constructeurs ont organisé et encadré la collecte et le tri des batteries. Une fois encore, Volkswagen Group France (VGF) a fait figure de précurseur dès 1993. « Au début, les batteries étaient déposées sur une palette entourée d’un film plastique ; aujourd’hui, nos réparateurs les placent dans un bac protégé par un sac plastique », souligne Constantin Voluntaru, conseiller protection environnement de VGF.

C’est surtout la création de la catégorie des déchets industriels dangereux (DID), la législation associée et l’entrée d’acteurs spécialistes qui ont modifié la gestion de la chaîne. Ainsi Chimirec, qui compte 14 000 garages parmi ses clients, est à l’avant-garde du mouvement. « Nous assurons l’ensemble des opérations, du garage au centre de traitement, détaille Julien Salive, responsable commercial de l’activité Automotive. Nous mettons des conditionnements à disposition des garages partenaires, nous sensibilisons les personnels au tri sur le mode “1 déchet = 1 bac”, soit pour les batteries un bac de 280 ou de 600 litres. Nos camions prennent en charge les déchets et les chauffeurs remettent au réparateur un bordereau de suivi. Acheminés sur nos plates-formes, les déchets sont pesés et contrôlés pour vérifier leur conformité. Si c’est le cas, nous envoyons au garage la seconde partie du bordereau qu’il doit conserver cinq ans au titre de la traçabilité. »

 

 Recyclage : la filière de la batterie se moraliseDans la nature
Le garage Choquet, agent Renault à Mordelles (Ille-et-Vilaine), illustre la mise en pratique de ces dispositions vertueuses. Dès le premier regard dans l’atelier largement ouvert sur la rue, l’exigence de propreté domine avec un sol en partie carrelé et des murs vierges de souillures ; chaque déchet a son bac et les batteries sont soigneusement déposées dans le leur. Rien de surprenant pour le fondateur et directeur, Philippe Choquet (photo) : « Je me suis toujours indigné de voir certaines substances jetées dans la nature. Tous nos déchets sont aujourd’hui gérés par Chimirec, mais nous en triions et stockions certains avant qu’il ne le fasse. » Conclusion, dit-il en désignant les conteneurs gris municipaux : « Pratiquement plus rien ne part avec les ordures ménagères. »

 

Espèces interdites
Un événement majeur va améliorer et responsabiliser la filière. La batterie « rapporte », aujourd’hui, de 200 à 600 € la tonne « brute » au garagiste ou au recycleur. Et en bout de chaîne, le recycleur métal valorise le plomb raffiné au cours officiel (1 480 € la tonne en juin 2012). Cette valorisation a fait naître des circuits « sauvages » entretenus par des revendeurs non agréés. Ils ne connaissent que les espèces sonnantes et trébuchantes, et une fois le plomb prélevé, ils se débarrassent des résidus dans des décharges, des conteneurs d’ordures ménagères voire en pleine nature !

Depuis le 1er janvier 2012, la réglementation interdit toute transaction en espèces sur les métaux, donc les batteries : « Tout non-respect de la loi est susceptible de sanctions pénales et d’amendes allant de 305 à 75 000 € et, comme la batterie est traçable par différents marquages, la nouvelle disposition va dissuader les garages qui la cédaient jusque-là à des récupérateurs peu scrupuleux », pronostique Julien Salive.

 

Et l’électrique ?
Il faut désormais distinguer plusieurs types de batteries. Les « conventionnelles» , présentes dans les véhicules à moteur thermique, qui comportent du plomb. Ce métal est fondu et recyclé à 100 %, pratiquement à l’infini. Depuis 1997, les véhicules hybrides ont fait leur apparition avec des batteries au nickel métal hydrure (Ni-MH) avec, à ce jour, plus d’un million de véhicules en circulation dans le monde. Saft Batteries fabrique des éléments destinés aux véhicules hybrides et électriques.

« Depuis 2009, l’usine charentaise de Nersac a équipé plusieurs dizaines de milliers de véhicules avec des batteries lithium-ion (Li-ion), technologie du futur parce qu’elle offre un potentiel d’énergie et de puissance plus important, notamment pour le 100 % électrique », observe Franck Cecchi, responsable Stratégie automobile de Saft, fabricant de batteries industrielles. « Ces batteries sont re­cyclées à 100 %, avec un procé­dé “zéro déchet”, poursuit Clémence Siret, responsable éco-conception. Présents dans les batteries Ni-MH et Li-ion, le nickel et le cobalt sont raffinés par pyrométallurgie et utilisés dans de nouvelles batteries. Le plastique, chez nous, est incinéré pour fournir l’énergie nécessaire au processus. Le lithium ne fait, pour l’instant, l’objet d’aucun recyclage en boucle fermée, c’est-à-dire pour être réintégré en tant que tel ; il est valorisé dans l’industrie des ciments à prise rapide, pour deux raisons. Métal le plus léger au monde, il ne représente que 1 % à 2 % du poids de la batterie, ce qui est trop faible pour développer un processus de valorisation ren­table. Il existe ensuite en quan­tités suffisantes qui rendent aujourd’hui l’approvisionnement moins coûteux que le recyclage, alors que peu de véhicules électriques et hybrides sont en fin de vie. »
Toutes technologies confondues, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) juge que la filière est désormais « bien encadrée, mais des difficultés subsistent dans les DOM, où la présence d’un éco-organisme pourrait être bénéfique ».
 

 
 
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