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Ford : nouvelles victimes de la surcapacité de production

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Philippe Raiden

Vendredi 26 octobre 2012

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PSA, Opel et aujourd'hui Ford mettent en oeuvre une sévère politique de baisse de production. Les sites européens sont durement touchés.
Les surcapacités actuelles des constructeurs automobiles en Europe ont fait une nouvelle victime. Ford a en effet décidé de fermer définitivement son usine belge de Genk à la fin de 2014. 24 heures avant d’annoncer la fermeture de deux autres usines en Grande-Bretagne, moins importantes toutefois en termes de capacités : l’usine de Southampton (45 000 unités par an), qui était spécialisée dans la fabrication des Transit à conduite à droite (transfert vers Kocaeli en Turquie), et l’usine d’emboutissage de Dagenham.

 Ford : nouvelles victimes de la surcapacité de productionFord réduit donc de 17% ses capacités en Europe (soit 345 000 véhicules par an), appliquant ainsi les mêmes recettes qu’aux Etats-Unis qui lui ont permis de regagner de l’argent et des parts de marché. Au total, la fermeture des usines concernées va entraîner la suppression de 6 200 emplois (4 300 en Belgique et 1 400 en Grande-Bretagne, auxquels doivent être ajoutés 500 suppressions de postes programmées antérieurement), représentant 13% de ses effectifs européens.
 
Lourd tribut pour la Belgique
Avec la fermeture de l’usine de Genk, ce sera la troisième effectuée en Belgique en 15 ans, après celles de Vilvoorde (Renault) et d’Anvers (Opel). La Mondeo, le S-Max et le Galaxy assemblés actuellement en Belgique pourraient être transférés vers Valencia en Espagne. Il est possible alors que le C-Max soit rapatrié à Sarrelouis en Allemagne, comme autrefois. La plate-forme de ce modèle est en effet celle de la Focus fabriquée sur ce site depuis la fin de l’Escort.
Aujourd’hui, le site de Genk fonctionne à moins de 60% de ses capacités, alors qu’un site est rentable à partir de 75-80% d’utilisation de ses capacités, selon les analystes. Ford condamne cette usine alors que les nouvelles générations de Mondeo, S-Max et Galaxy vont être lancées en 2013 et qu’elles auraient pu connaître une bonne diffusion permettant de booster l’activité du site. Un autre choix a visiblement été fait, et ce choix sous-entend que le constructeur ne table pas non plus sur une relance du marché européen au cours des prochaines années, puisque Ford, tout comme GM, décide de réduire son activité sur ce continent, même si de nouvelles capacités ont été mises en place en Roumanie (plus faibles qu’en Belgique toutefois). Comme son concurrent GM, Ford donne l’impression de vouloir se désengager progressivement d’un continent européen déclinant et aux perspectives peu réjouissantes, au profit de marchés plus lucratifs, comme l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Inde, la Chine et la Russie.
Les pertes du constructeur en Europe devraient atteindre 1,5 milliard de dollars (1 milliard d’euros) cette année, mais les restructurations annoncées doivent permettre d’économiser entre 450 et 500 millions de dollars chaque année.
D’autre part, le vaste plan produit pour l’Europe présenté en septembre (15 nouveaux modèles d’ici à 2017) devrait aider à relancer l’activité du groupe en Europe (+15% de ventes espérées).  Ford a également annoncé qu’il se retirait du championnat des rallyes WRC à la fin de la saison. Avec son plan de restructuration et son plan produit, Ford projette un retour à la rentabilité en Europe dès 2015. Le groupe annonce en outre dans un communiqué un objectif long terme de marge opérationnelle de 6 à 8% pour Ford Europe.
Cette annonce intervient peu après celles concernant la fermeture du site PSA d’Aulnay (en 2014) et celle d’Opel de Bochum (en 2016). Les trois groupes pâtissent en effet de graves surcapacités en Europe, contrairement aux constructeurs allemands et coréens, et contrairement aux japonais qui importent encore beaucoup de véhicules du Japon. En quatre ans (de 2008 à 2012), Ford a perdu 33% de ses ventes en Europe, 27% pour GM, pendant que PSA voyait ses ventes baisser de  20%… Or dans le même temps,  les capacités de production de ces trois constructeurs n’ont pratiquement pas bougé.
Quant à Fiat et Renault, qui ont accusé une diminution respective de -35% et -18% de leurs ventes, en quatre ans, il est légitime de s’attendre prochainement à d’autres annonces de fermeture d’usine les concernant.
 

 
 
 
 
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