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Usines européennes : les surcapacités en question

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Philippe Raiden / Photos DR

Mardi 4 septembre 2012

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On parle beaucoup des surcapacités de production des usines automobiles européennes. Qu'en est-il réellement ? Tous les constructeurs et tous les pays sont-ils logés à la même enseigne ? Comment se situe la France en Europe ?

 Usines européennes : les surcapacités en questionLorsque l’on compare les volumes de production des différentes usines en Eu­rope (hors Russie et Ukraine) par rapport à leurs capacités maximales, on constate que la centaine de sites, qui avait utilisé 85 % des capacités avant la crise de 2008/2009, n’en a employé que 80 % en 2010/2011 et à peine 75 % en 2012 (en raison d’une nouvelle baisse du marché européen). Rappelons qu’en termes de rentabilité, le point mort est évalué entre 75 et 80 % des capacités. Alors, est-ce la fin de la rentabilité pour les usines européennes ? Pour certaines seulement…

 

Ventes en baisse
En effet, les constructeurs ne sont pas tous logés à la même enseigne. Alors que les groupes généralistes Fiat (66 %), PSA (71 %), Renault (74 %), Ford (74 %), GM (77 %) sont devenus surcapacitaires en raison de ventes en baisse, les groupes spécialistes tels BMW (99 %), Daimler (88 %), le groupe Volkswagen (92 %) ainsi que Hyundai-Kia (84 %) sont, eux, sous-capacitaires, en raison de ventes en hausse. Alors que les premiers pourraient fermer des usines (le marché auto­mobile européen va stagner pendant plusieurs années et donc les surcapacités vont durer), les seconds pourraient en ouvrir de nouvelles ! D’ailleurs Daimler vient d’inaugurer une usine Mercedes en Hongrie et BMW s’interroge sur l’ouverture d’un site en Europe de l’Est ou sur la reprise de l’usine Mitsubishi située aux Pays-Bas. Quant à Volkswagen et Hyundai-Kia, ils viennent d’augmenter leurs capacités en République tchèque et en Slovaquie.
De leur côté, les constructeurs japonais connaissent des difficultés en Europe, leurs usines tournant à 40 % de leurs capacités pour Honda et à 64 % pour Toyota. Mais ces chiffres de 2011 résultent des conséquences du tsunami au Japon qui a touché gravement ces deux constructeurs et qui a affecté leur production européenne. Seul Nissan réalise un score exceptionnel avec 95 % de taux d’utilisation de ses usines. Produire des véhicules qui sont en adéquation avec la demande explique la bonne santé d’un constructeur.

 

 Usines européennes : les surcapacités en questionMarché stagnant
Les constructeurs qui ont délocalisé vers les pays de l’Est et la Turquie sont ceux qui connaissent des problèmes de surcapacités en Europe de l’Ouest, comme Renault, PSA, Ford, Fiat et GM. Car dans un marché stagnant ou en baisse, ces délocalisations sont juste un transfert de production. Et au contraire, ceux qui ont peu délocalisé et fabriquent la majorité de leur production sur leur propre marché (Volkswagen, BMW, Mercedes et Porsche) ne connaissent pas de problèmes de surcapacités, car ils exportent beaucoup à partir de ce marché domestique. Lorsque l’on compare les pays producteurs, on constate que l’Allemagne tourne à 97 % de ses capacités en 2011, la Turquie à 91 % et la Grande-Bretagne à 81 % (les pays de l’Est dépassent souvent les 90 % comme la Roumanie, la Pologne et la Slovénie). Alors que les pays du Sud affichent des résultats peu enviables, comme l’Espagne (70 %), la France (67 %) et l’Italie (50 %). Et en 2012, ces chiffres seront encore plus mauvais.
Cette constatation ne plaide pas en la faveur de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois (93), sérieusement menacée. Son volume de production est passé de 420 000 véhicules en 2004 à 250 000 en 2008 et seulement à 130 000 en 2011. Mais, en France, le problème des surcapacités dépasse largement ce cas. D’autres usines situées dans notre pays pourraient être menacées de fermeture si la politique des constructeurs français ne change pas.

 

La France derrière
Rappelons qu’en 2011, la France produisait un peu plus de 2 millions de véhicules, alors qu’elle en fabriquait près de 4 millions en 1989 et encore près de 3 millions en 2007. Dans le même temps, l’Allemagne, produisait un peu plus de 6 millions de véhicules en 2011, contre un peu moins de 5 millions en 1989
et un peu plus de 6 millions en 2007. L’écart entre les deux pays n’a donc cessé de s’amplifier de­puis une vingtaine d’années. Et la France est passée derrière l’Espagne en matière de production. En termes d’exportations, la situation est la même. La France qui exportait 1,5 million de véhicules en 2007 n’en envoie plus que 1,1 million hors de ses frontières en 2011. L’Allemagne en exportait 3 millions en 2007, et atteint le même chiffre en 2011. L’Espagne est passée de 1,5 million en 2007 à 1,7 million en 2011, devançant largement la France. La Grande-Bretagne, autrefois distancée (0,6 million de véhicules exportés en 2007), progresse (0,7 million en 2011), et surtout exporte plus dans
les régions hors Europe (Chine et États-Unis).
Alors que le volume de production et des exportations de l’Hexagone s’effondrait, les constructeurs français qui délocalisaient à outrance dans les pays de l’Est et en Turquie, ont reporté la fermeture d’usines
en France, préférant en fermer au Portugal (Setubal), en Belgique (Vilvoorde) et en Grande-Bretagne (Ryton).

 

 
 
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