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Rivalité entre constructeurs occidentaux au salon de Pékin

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Jean-Pierre Genet avec AFP

Vendredi 20 avril 2012

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Au salon de Pékin qui ouvre ses portes le 23 avril, signatures d'accords, annonces de construction d'usines seront autant d'événements à côté de la révélation de 120 nouveaux modèles.

A Pékin comme à Shanghai, Volkswagen occupe une grande place parmi les exposants. Rivalité entre constructeurs occidentaux au salon de Pékin









Tous les grands constructeurs automobiles de la planète vont chercher à séduire le public chinois lors du Salon automobile de Pékin qui ouvre ses portes le 23 avril pour la presse et le 25 avril pour le grand public.


Ils seront au coeur du premier marché mondial sur lequel la croissance s'est ralentie et la concurrence exacerbée.


L'édition 2012 du plus grand salon automobile de Chine, qui se tient une année sur deux à Shanghai et l'autre dans la capitale, verra, jusqu'au 2 mai, "120 lancements mondiaux de véhicules, dont 36 réalisés par des multinationales", selon son site internet officiel.


Seront également présentés 74 concept-cars ainsi que 88 véhicules à énergies nouvelles.


"Tandis que le centre de gravité de l'industrie automobile mondiale se déplace encore un peu plus vers la Chine et quelques autres économies émergentes, l'industrie chinoise a une occasion historique à saisir", et doit pour cela "augmenter sa capacité à innover", d'après les organisateurs.


Après une croissance explosive en 2009 et 2010, le marché a brutalement ralenti l'an dernier après la fin d'aides gouvernementales à l'achat de véhicules de petite cylindrée, avec seulement 2,5% de hausse du nombre de véhicules vendus, à 18,51 millions de véhicules.


Les voitures de tourisme, premier segment du marché, ont tout de même affiché une croissance de 5,2% à 14,5 millions d'unités.


"En 2011 nous avons assisté à une normalisation de la demande", estime Klaus Paur, analyste du marché automobile chez Ipsos basé à Shanghai.


"Il y a une forte pression sur les prix de ventes au consommateur. Actuellement, même si nous avons une demande soutenue dans le segment luxe, il y a aussi beaucoup de rabais", selon M. Paur.


Face aux difficultés du secteur, qui est l'un des piliers de l'économie chinoise, Pékin a annoncé en décembre la fin de mesures de "soutien à l'investissement étranger", ce qui n'a pas empêché plusieurs constructeurs internationaux, dont Volkswagen ou Ford, d'annoncer récemment la construction de nouvelles usines pour augmenter leurs capacités.


Les constructeurs étrangers ont par ailleurs été pressés par le gouvernement de lancer de nouvelles marques au sein de leurs coentreprises avec leurs partenaires chinois.


Il y a "une prise de conscience progressive de la Chine que les marques sont capitales aujourd'hui et que la Chine n'a pas assez mis l'accent là-dessus", a déclaré Maxime Picat, directeur général de Donfeng Peugeot Citroën Automobile (DPCA), la coentreprise du groupe PSA en Chine.


Cette politique vise aussi à accélérer les transferts de technologie dont les Chinois estiment ne pas avoir assez bénéficié jusqu'à présent à travers leurs partenariats avec des constructeurs européens, japonais et américains.


"Le gouvernement a fait un peu les comptes après une vingtaine d'années d'ouverture de l'industrie automobile à des partenariats internationaux en Chine. Le résultat est que le transfert a été très limité", a expliqué M. Picat.


L'établissement de "marques autochtones" par les co-entreprises sino-étrangères est censé résoudre ce double problème pour l'industrie automobile chinoise, mais il pourrait paradoxalement pénaliser les marques des constructeurs chinois dont la part de marché, inférieure à 30%, stagne ou recule.


General Motors, premier constructeur étranger en Chine, a été le premier à lancer l'an dernier une telle marque, Baojun, en partenariat avec le groupe shanghaïen SAIC.


Nissan, troisième groupe étranger sur le marché, a annoncé pour sa part fin 2011 le lancement avec son partenaire Dongfeng (le même que celui de PSA) de la gamme Venucia de véhicules entièrement électriques. Leur commercialisation est envisagée à l'horizon 2015, en fonction des infrastructures qui auront d'ici là été mises en place pour permettre la recharge ou le changement des batteries.

Les difficultés des constructeurs chinois sur leur marché intérieur pourraient enfin les inciter à renforcer leur présence à l'étranger, y compris en Europe où Great Wall a démarré en février la production dans une usine en Bulgarie.


"Au plus tard dans cinq ans, la Chine devrait se lancer dans une offensive à l'exportation" de voitures, prévient aussi Ferdinand Dudenhöffer, professeur au Center Automotive Research en Allemagne.


"Les Chinois ont toujours cherché à apprendre de nouvelles technologies et à exporter ensuite", selon cet expert.

 

 

 
 
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