Asimo, le robot humanoïde de Honda pourrait ne jamais être commercialisé. C'est ce que laissait entendre la chaîne publique japonaise NHK, selon laquelle l'androïde allait être abandonné et l'unité de R&D, qui l'avait mis au point, liquidée.

Le constructeur a démenti mollement.

"Nous allons poursuivre le développement de robots de forme humaine, mais il est possible que le nom Asimo ne soit plus utilisé, a-t-il précisé. L'équipe de développement de robots humanoïdes existe toujours".



"Nous avons conçu de nombreuses technologies grâce à Asimo, nous réfléchissons désormais aux façons de les utiliser, nous pouvons aussi envisager des partenariats mais je ne peux pas en dire plus à ce stade", a souligné le constructeur.

Trente ans d'expérience


Honda a commencé à développer des jambes robotiques au milieu des années 1980 et le premier Asimo, robot de la taille d'un enfant de 6/7 ans, ressemblant à un cosmonaute, a été présenté en 2000, suivi de six autres descendants jusqu'en 2011, dernier en date.

Les aptitudes de ce robot connu de par le monde n'ont cessé de croître au fil des générations: le septième spécimen peut non seulement marcher, y compris sur un sol accidenté, mais aussi courir, sauter à cloche-pied, utiliser ses deux mains à cinq doigts pour servir dans un gobelet une boisson contenue dans une gourde, ou encore comprendre trois personnes parlant simultanément.


Contrairement à Pepper, conçu par la firme française Aldebaran absorbée par le groupe japonais SoftBank, Asimo n'a jamais été commercialisé. Son modèle de développement concentré dans les mains de Honda le différencie aussi de son cadet, pour qui une myriade de compagnies conçoivent des applications. Pepper est cependant très loin d'avoir les mêmes aptitudes physiques qu'Asimo: il ne marche pas mais est monté sur roulettes et ses doigts n'ont pas la même précision.

Outre Honda, son rival dans le secteur de l'automobile Toyota a aussi conçu divers robots humanoïdes capables de prouesses physiques très précises comme jouer de la trompette, par exemple.

Une approche pas assez collaborative


Les deux travaillent aussi sur les engins pour faciliter la mobilité ainsi que sur des robots d'assistance dans les tâches difficiles notamment les soins aux personnes âgées.

Le Japon est souvent perçu comme le royaume des robots, mais des sociétés étrangères (américaines, sud-coréennes, chinoises ou autres) défient les ingénieurs nippons en utilisant un modèle de développement plus collaboratif ou en profitant de recherches poussées dans le domaine militaire comme Boston Dynamics, une entreprise américaine rachetée par SoftBank.

Le Japon peut toutefois s'appuyer sur des décennies d'expérience dans le domaine des robots industriels, avec des firmes comme Fanuc, Kawasaki Heavy Industries (KHI) ou Yaskawa.