Les assureurs sont loin d'être en crise, mais le FGAO, qui indemnise les victimes d'un accident avec un tiers non-identifié ou insolvable, pourrait l'être prochainement.
Afin que le Fonds ne tombe pas dans le rouge, le gouvernement a fait passer un amendement au projet de loi de finances 2019 : "L'objectif est de permettre au FGAO de faire face à l'augmentation de ses charges d'indemnisation liées aux accidents de la circulation, principalement imputables à l'inflation du coût des dommages corporels (+5% par an) et à la hausse de la non-assurance automobile" indique l'exposé des motifs de l'amendement.

De ce fait, la cotisation des assureurs au FGAO devrait grimper : de 12% (sur le volume  des primes ou cotisations encaissées), leur contribution pourrait passer à 25%, selon l'amendement adopté : "Ce relèvement du plafond légal (...) permettrait de mobiliser, si cela s'avérait nécessaire, un produit supplémentaire maximal de 33M€ par an. Ce montant demeurera faible au regard des 7,5 Mds€ de cotisations perçues en 2016 par les entreprises d'assurance garantissant le risque de responsabilité civile automobile" précise encore le gouvernement.

Contacté, le FGAO souligne que tout ceci n'est encore qu'à l'Etat de projet, car la décision finale reviendrait au ministère de l'Economie, seul habilité à prendre un arrêté en ce sens. Et de renvoyer sur le rapport d'activité du FGAO pour bien comprendre le phénomène : 

"Sur les 12 347 demandes d'indemnisations corporelles ouvertes cette année, près de 23% concernent des accidents dans lesquels l'auteur a pris la fuite. Parmi ces délits de fuite, un grand nombre a probablement pour cause l'absence d'assurance" explique le Fonds, qui a versé 136 M€ en 2016 à des victimes de tiers non-identifiés.
Or, selon le FGAO, les demandes n'ont pas explosé en 2017, au contraire des indemnisations : 154M€ accordés car, d'après le Fonds, il y a une "inflation des indemnisation accordées par les tribunaux".

Afin de lutter contre le phénomène de la non-assurance automobile, un fichier des véhicules assurés devrait être opérationnel au 1er janvier prochain.