Lors de son entrée en Bourse le 3 octobre 2018, le groupe Aston Martin Lagonda faisait valoir une action à 21,5 euros. Depuis cette date, la descente a été rapide et l’action a perdu plus d’un quart de sa valeur, pour s’établir à 15,9 euros… En valorisation globale, cela fait écho à une évaporation de l’ordre de 1,2 milliard d’euros, à rapporter à une valeur initiale d’environ 4,9 milliards.

Le coup est rude pour un groupe qui n’a pas remis en cause les jalons stratégiques de son développement et les investissements y afférant. Ainsi, Aston Martin va lancer un nouveau modèle par an d’ici 2022 et la montée en puissance de sa production est confirmée : plus de 7000 unités en 2019, plus de 9500 en 2020 et près de 15000 au cours de la prochaine décennie, grâce à l’arrivée du SUV DBX. Ce SUV de luxe sera produit dans l’usine de St. Athan, actuellement en construction, dans le sud du Pays de Galles.

On touche ici au problème qui affecte Aston Martin sur les marchés. A savoir que la marque est britannique (même si son actionnariat est cosmopolite), mais surtout, que sa production est localisée au Royaume-Uni. Pour beaucoup d’analystes, en cas de Brexit sans accord, une hypothèse qui prend de la consistance, la situation serait pénalisante pour Aston Martin. Andy Palmer, président d’Aston Martin Lagonda, se veut rassurant, avançant qu’à ce niveau de luxe, les clients peuvent assumer un surcoût lié à un événement exogène comme le Brexit. Mais dans une note, un analyste objecte que même si ce n’est pas pleinement rationnel, le secteur du luxe est touché en cas de crise et qu’Aston Martin ne serait pas épargnée.