Après Michelin et bien d’autres équipementiers Tier 1, c’est au tour de Continental de mettre en œuvre un plan de modernisation d’une ampleur considérable. Depuis le siège du groupe, à Hanovre, Elmar Degenhart a affirmé : « C’est un jour historique pour Continental. Nous entrons dans la mobilité du futur à pleine allure. Notre aptitude au changement nous donne un avantage compétitif dont nous voulons tirer le meilleur parti. Tout en restant un grand groupe, nous allons devenir très agiles et flexibles, ce qui nous ouvre de grandes perspectives ».

L’une des décisions emblématiques du plan réside dans la création d’un holding qui va coiffer trois grandes business units : « Continental Rubber », « Continental Automotive » et « Powertrain ». Cette organisation ternaire devrait être opérationnelle en 2020.
Par ailleurs, les actuels départements « Châssis et Sécurité » et « Intérieurs » seront reconfigurés et rebaptisés « Technologies de conduite autonome » et « Technologies des réseaux connectés des véhicules ». Ils seront placés dans le périmètre de la BU « Continental Automotive » et bénéficieront de la création d’une unité centrale de R&D.

En outre, les deux divisions « Tires » (Pneumatiques) et « Contitech » seront maintenues, mais intégrées dans le futur ensemble « Continental Rubber ».

Il convient aussi de noter que la BU « Powertrain » sera dotée d’une indépendance légale et vraisemblablement d’un nouveau nom dès le début de 2019. Elle regroupera les technologies hybrides, électriques, l’activité batteries, au-delà des solutions thermiques et accueillera la coentreprise récemment mise en place sur le 48 V. « L’indépendance accordée à cette entité ne signifie absolument pas que nous comptons nous en séparer à moyen ou long terme », précise Elmar Degenhart.

« Au cours des 10, 15 prochaines années, l’industrie automobile va connaître plus de changements que lors des 130 dernières années ! Nous devons nous y préparer et cette réorganisation va dans ce sens », ajoute Elmar Degenhart, qui pense que c’est aussi le moyen d’accompagner la forte croissance promise au groupe. En effet, pour l'activité "Automotive", il s’attend à voir le chiffre d’affaires de Continental passer de 19 milliards d’euros en 2017 à 30 milliards d’euros en 2023.

D'une manière générale, les places de marché ont accueilli sobrement cette annonce, sans euphorie ni sanction.