En guise de pitch, on peut présenter Booj comme un service d'autopartage en free floating, qui s'appuie sur un potentiel insoupçonné : les parcs VO des concessionnaires.

Ainsi, à Bourg-en-Bresse, 40 voitures d'occasion de la concession Renault (groupe Bernard) de la ville ont été déployées. « Cela équivaudrait à 2 200 voitures à Paris », explique Antoine Raguet, fondateur de Booj. Une campagne de communication sera lancée début novembre pour présenter le dispositif comme « un nouveau service de transport, sans ticket, sans abonnement, 24h/24 et 7 jours sur 7 ». La ville s'étend sur 25 km², ce qui met tout utilisateur à moins de 500 mètres d'un véhicule, selon Antoine Raguet.
L'équilibrage géographique des voitures et leur approvisionnement en carburant est sous-traité à un régulateur, mais aussi à l’utilisateur final. Si ce dernier va faire le plein dans une station-service où Booj a un compte, il ne paye naturellement pas le carburant, et se voit en outre crédité de minutes gratuites pour le détour et le temps consentis.

L'accueil a été si positif que le conseil municipal burgien a fixé un prix modique pour le stationnement des voitures Booj. Un soutien qui permet à Antoine Raguet de proposer un forfait de 189 euros pour 20 heures, soit 9,45 euros l'heure et «  presque 2,5 fois moins cher que Moov'in.Paris ». Le financement de Booj est essentiellement constitué de fonds propres, de prêts d'honneur des réseaux Entreprendre et Inovizi Auvergne-Rhône-Alpes et d'un prêt d'amorçage de la Bpi.

60 % des trajets relèvent du « one way »


Parce qu'une levée de fonds est déjà calée dans son plan de financement, Antoine Raguet ne communique pas quantitativement sur l'utilisation de Booj. Mais sur le plan qualitatif, il avance quelques données intéressantes quant à l'appétence de ce genre de service dans une ville moyenne comme Bourg-en-Bresse : 80 % des trajets font moins de 10 km, 65 % des locations sont inférieures à 20 minutes et surtout, 60 % des locations se terminent à plus de 500 mètres du point de départ. « C'est du one way », conclut Antoine Raguet, qui précise que la clientèle est assez bien répartie en classes d'âge et genres.

Certains n'ont pas de voitures et d'autres n'ont pas renouvelé la deuxième voiture du foyer. Booj la remplace pour les trajets domicile-travail, pour un budget mensuel d'une centaine d'euros. « Incluant le stationnement, l'assurance, le carburant, c'est l'objectif », ponctue Antoine Raguet.

D'autres marchés sont visés : grâce à l'offre « personne morale », une association ou une entreprise peut acheter un paquet d'heures de location. La structure indiquera qui seront les utilisateurs (en envoyant leurs adresses électroniques et documents administratifs), pour qu’ils puissent utiliser l'application et louer selon leurs besoins.

« Des usages, il y en a tellement qu'il est vraiment difficile de les synthétiser en une seule offre », ajoute Antoine Raguet. Par exemple, c'est pour répondre aux besoins de mobilités des plus démunis qu'il a calibré une solution pour les structures de réinsertion professionnelle. Les nouvelles mobilités au service de la solidarité…

Zéro coût pour le concessionnaire


Les ambitions du fondateur sont d'installer Booj dans 200 villes en trois ans. Sa carrière dans la distribution automobile lui donne un avantage certain pour convaincre le Top 20 de la distribution automobile française. « Il n'y aura qu'un concessionnaire par ville. Si un groupe n'a qu'une seule marque ici ou là, ce sera facile de choisir, sinon, le choix sera guidé par la stratégie du groupe », explique Antoine Raguet. Selon lui, l'intérêt pour les concessionnaires de mettre à disposition de Booj des VO en autopartage est triple : ils génèrent du CA additionnel à périmètre constant, car ils n'ont rien à faire (tout est pris en charge par Booj, stickage, installation des boîtiers télématiques), les VO sont visibles et essayés et enfin, voire même surtout, ils se positionnent en tant que fournisseurs de mobilité dans leurs zones de chalandise respectives.

De l'intelligence artificielle sera bientôt implantée dans l'application pour rendre l'expérience client encore plus riche. Fidélisation, scoring des utilisateurs…, l'objectif est de créer autour de Booj une communauté d'intérêts. D'ailleurs, le marketing communautaire a déjà commencé. Antoine Raguet a réuni en juillet dernier quelques dizaines d'utilisateurs, dans le cadre d'une soirée café-théâtre. Il a bien sûr profité du verre de l'amitié pour les interroger sur le service. Finalement, ils se sont auto-proclamés « boojeurs » et « boojeuses ».


Plus de précisions sur www.boojavec.com