Ce n’est un secret pour personne, les acteurs historiques du secteur automobile se font un peu bousculer, voire beaucoup, par les géants de la tech tels que Google, Intel ou encore Uber et Tesla. Ces primo-arrivants ont donc su amener nos géants de l’auto à repousser leurs limites, à dépasser leur zone de confort au pur produit, en mettant un pied dans la mobilité ou dans l’électrique. Un nouveau rapport, nommé « Autotech : The Mother of All Tech Battles », édité par GP Bullhound, banque internationale d’affaires et de conseils, révèle ainsi quelques chiffres sur l’évolution de l’industrie automobile concernant ce pan technologique.

Basé sur des données transactionnelles, le rapport dévoile qu’entre 2014 et 2018, le nombre d’opérations en M&A (fusions et acquisitions) dans l’autotech a doublé, passant de 88 à 166, soit une valeur totale des levées de fonds multipliée par 4. Le montant total s’est donc élevé à 27 milliards d’euros sur cette période.

Et le maître dans tout cela n’est autre que l’Europe puisqu’elle est à l’origine de plus d’un tiers des opérations (39%). Cependant, en valeur totale des transactions, le Vieux continent atteint seulement 7% contre 72% pour l’Asie ou 21% pour l’Amérique du Nord !

D’après la banque GP Bullhound, quatre tendances se dessinent et vont véritablement transformer l’écosystème automobile pour les dix à quinze prochaines années. On les connaît, il s’agit bien sûr des moteurs électriques, de la conduite autonome, de la mobilité partagée et de la connectivité.

D’après le rapport, « la conduite autonome a rattrapé la mobilité partagée en termes d’attractivité : ce secteur a connu la plus forte augmentation en termes d’investissement passant de 0,2 milliard en 2014 à 8 milliards d’euros en 2018, pour un investissement moyen de 70 millions d’euros, juste en dessous de la mobilité partagée (75 millions €) qui domine depuis 2014 ».

La micro-mobilité, soit le partage de vélos, de trottinettes ou de scooters, n’est pas en reste. Elle a connu une forte croissance, passant de 14 millions d'euros en 2015 à 3,5 milliards d'euros levés en trois ans plus tard.

« Une bataille est en train de naître entre les géants mondiaux de la technologie et les acteurs traditionnels du secteur, constructeurs et équipementiers. Les grands groupes tech bénéficient de deux avantages – des ressources financières désormais supérieures, et la confiance des consommateurs pour leurs services numériques – mais ne doivent pas pour autant se croire déjà vainqueurs. Il y a peu de chances que les constructeurs rendent les armes comme les fabricants de téléphone il y a dix ans. Ils investissent énormément dans les quatre évolutions clés, et comptent bien conserver la relation avec les clients finaux. 2019 s’annonce comme une année charnière et il sera intéressant de voir quels gagnants se profileront », conclut Guillaume Bonneton, Partner France chez GP Bullhound.