Leur mission ? Rattraper à tout prix leur retard sur les fabricants asiatiques. Les européens, L’Allemagne, pays initiateur et la France, en soutien, veulent créer une filière européenne de batteries automobiles. "Comme le propose l'Allemagne, nous sommes prêts à construire une filière de batteries européenne", a souligné Edouard Philippe, lors d'un discours devant le Conseil national de l'industrie. Le Premier ministre a même ajouté que "demain, ces batteries vont représenter près de la moitié de la valeur ajoutée d'un véhicule. Si nous n'investissons pas, si nous ne développons pas notre présence industrielle, notre expertise industrielle dans ce domaine, nous le paierons". 

Dans cette course effrénée, les allemands ont même annoncé mi-novembre 2018, la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour subventionner trois consortiums sur son sol. Le ministre allemand de l’Economie et de l’Energie, Peter Altmaier, a prévenu de ses objectifs : que d’ici à 2030, 30% de la demande mondiale serait couverte par des fabricants allemands et européens. Dès 2019, des sites devraient émerger pour commencer à produire en 2021.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, avait également plaidé en faveur d’une possible filière lors du Mondial de l’auto 2018. Il avait appelé les industriels européens à faire converger leurs efforts en matière de batteries automobiles, jugeant nécessaire de défendre la souveraineté technologique de l’Union européenne.

Il n’est pas encore question de retard mais le premier objectif est de créer des « champions européens » comme l’espère Edouard Philippe. La France et l’Allemagne tendent donc vers une filière européenne compétitive en termes de performance, de durée de vie et de recyclabilité. Les prix asiatiques défiant toute concurrence. Une usine de batteries en France serait même en projet.