Finalement ce n’est pas une surprise : Ford écarte le plan de reprise pour son usine de Blanquefort (Gironde), qui compte 850 salariés, par Punch. L’offre de la société franco-belge était pourtant la seule. "Ford Aquitaine Industries (FAI) a informé, ce jour, son comité d'entreprise avoir décidé de ne pas donner de suite favorable à la vente du site de FAI à l'acquéreur potentiel", indique l'entreprise dans un communiqué. Elle ajoute avoir "présenté un plan social complet"pour un arrêt de la production du site, prévu fin août 2019.

Les salariés étaient prêts à faire des concessions et Bruno Le Maire s’était également beaucoup investi pour éviter cette situation et tenter de sauver le site de fabrication de boîtes de vitesses. Le ministre de L’Economie avait appelé mardi 11 décembre 2018 au soir, le constructeur américain pour accepter cet unique projet. Plus de 400 emplois auraient été préservés...
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Bruno Le Maire a vivement réagi suite à cette nouvelle :

« Je suis révolté et je suis écœuré par cette décision qui ne se justifie que par la volonté de Ford de faire monter son cours de bourse. Je veux dénoncer la lâcheté de Ford à qui je demande de parler depuis trois jours.[…] Je veux dénoncer le mensonge de Ford qui dit dans ce communiqué que l’offre de reprise de Punch n’est pas crédible alors que nous y travaillons depuis des mois, avec les salariés et avec Punch. C’est une offre industrielle crédible et solide qui garantit l’avenir du site industriel de Blanquefort. Je veux dénoncer la trahison de Ford vis-à-vis des plus de 800 salariés du site de Blanquefort ».

"Aider les salariés à se tourner vers d'autres employeurs"

Alors que les discussions et négociations étaient des plus rigoureuses ces dix derniers mois, le projet du potentiel repreneur Punch "présenterait des risques significatifs" selon Ford. Le constructeur estime qu’un plan social comprenant un congé de reclassement d’une durée étendue à compter d’octobre 2019 serait préférable.

"Nous ne croyons pas que les plans de l'acquéreur potentiel offrent le niveau de sécurité et de protection, ou limitent le risque de possibles pertes d'emploi futures, que nous souhaitons pour les salariés de FAI".

Il s’engage à ne prononcer aucun départ contraint avant septembre 2019 dans le but de permettre aux salariés d’analyser leurs options tout en bénéficiant d’une sécurité financière. Le plan social de Ford prévoit aussi une cessation anticipée d’activité favorable, un redéploiement chez GFT (site commun avec Getrag) ainsi que "d’autres mesures destinées à aider les salariés à se tourner vers d’autres employeurs ou à poursuivre d’autres opportunités de carrière".

Ford doit réviser sa décision

Certes, il s’agit d’une grande déception pour les plus battants mais leur délégué syndical pour l’usine de Ford Blanquefort, Philippe Poutou, se doutait de la tournure des événements : "depuis le début, la multinationale veut fermer l’usine et ne veut pas de repreneur. D’ailleurs, elle fait tout pour saboter les discussions sur une reprise éventuelle", a-t-il dit le jeudi 8 décembre sur le site du NPA, Nouveau parti anticapitaliste.

Bruno Le Maire y croit pourtant encore : "les salariés, les syndicats, Philippe Poutou, ont été à la hauteur de leur responsabilité là où Ford ne l’a pas été. Je veux profiter de la représentation nationale pour appeler solennellement Ford à réviser sa décision et à accepter la reprise de Punch qui garantit l’avenir du site industriel de Ford Blanquefort à Bordeaux."