Malgré toutes les mises en garde, les députés britanniques, soit la chambre des communes, ont majoritairement voté pour une sortie de l'Union européenne sans accord négocié avec Bruxelles. Un camouflet pour le Premier ministre britannique, mais aussi pour des pans entiers de l'économie locale.

Premiers concernés et premiers à déplorer ce vote, la société des constructeurs sise à Londres (SMMT) : "Le vote contre l'accord de sortie nous rapproche d'un Brexit non négocié, ce qui serait catastrophique pour l'industrie automobile" a rappelé Mike Hawes, le directeur de la SMMT (...) "Quitter l'Union, notre plus important partenaire d'échanges, sans accord (...) mettrait immédiatement en péril le secteur et des emplois. Le no deal doit être évité à tout prix" a t-il fait savoir.

L'association des concessionnaires franchisés (NFDA) n'a pas déclaré autre chose : "Au vu des résultats du vote de la nuit dernière, la NFDA enjoint le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que notre industrie est protégée. Le monde des affaires et les consommateurs ont besoin d'avoir une vision claire des futurs plans du gouvernement" a indiqué Sue Robinson, sa directrice.

Plus véhémente a été la charge des Allemands de VDA. L'industrie allemande possède divers intérêts au Royaume-Uni, le plus emblématique étant l'usine Mini d'Oxford, propriété de BMW : "Avec cette décision, la majorité de la chambre des communes britannique a rendu un mauvais service à son pays (...) Les conséquences d'un scénario sans accord seraient fatales (...) Refuser l'accord de retrait sans qu'il existe d'alternative concrète est une négligence politique" s'est emporté Bernhard Mattes, le président de la structure qui porte les intérêts des constructeurs allemands. Et de rappeler que "les sociétés des deux côtés de la Manche sont très liées" et que "sans solutions ordonnées et pratiques, des emplois dans l'industrie automobile côté britannique sont en jeu".

La principale crainte des constructeurs automobiles est de voir le retour des droits de douane sur toutes les marchandises qui entrent et sortent du Royaume-Uni, ce qui entrainerait une perte de compétitivité des usines situées en terre britannique.