A deux semaines d'un vote parlementaire sur le protocole négocié entre Londres et Bruxelles suite à la validation du Brexit, le puissant organisme professionnel SMMT (Society of Motor Manufacturers and Traders) a fait cette mise en garde lors de son dîner de gala annuel, par la voix de son directeur général Mike Hawes : « Partir sans accord constituerait une catastrophe ; des usines fermeront et des emplois seront supprimés ». Tout en précisant que le secteur automobile représente quelque 850000 emplois, directs ou indirects, au Royaume-Uni.

D'après une enquête de la SMMT, réalisée en novembre 2018 auprès de 182 de ses membres, les trois-quarts des entreprises automobiles du pays subiraient un impact négatif d'un Brexit sans accord. Dès lors, le vote de la Chambre des communes du 11 décembre prochain revêt un caractère névralgique, car il doit entériner ou non un protocole de sortie prévoyant une période de transition jusqu’à la fin de l’année 2020.

« Nous avons besoin d'un accord de sortie maintenant, puis d'un accord ambitieux sur l'avenir qui garantit un commerce sans friction avec l'Union européenne. Nous appelons toutes les parties à prendre conscience de l'enjeu », avertit Mike Hawes. En effet, une partie des députés conservateurs menace de voter contre cet accord de sortie, ce qui pourrait entraîner son refus par le Parlement et par extension, une nouvelle crise politique.

Rappelons que sur les dix premiers mois de l'année, les ventes de voitures neuves affichent une baisse de 7,2% par rapport à la même période de référence en 2017, à 2,06 millions d'unités.