Lentement, le spectre d'un Brexit "dur", c'est à dire sans accord, s'éloigne. La Commission européenne a fait savoir qu'un accord avait été trouvé avec les autorités britanniques concernant les véhicules qui ont reçu une homologation européenne sur le territoire anglais : "Les constructeurs détenant actuellement des homologations britanniques seront autorisés à s'adresser, avant la sortie officielle du Royaume-Uni de l'Union, aux autorités de l'UE 27 pour les nouvelles réceptions par type. L'accord assurera la clarté juridique, garantira la continuité des activités et évitera une charge administrative inutile pour les constructeurs" explique Bruxelles.

Selon un document établi en juin 2018, l'idée sera la suivante : le constructeur détenant une homologation anglaise pourra se présenter auprès de n'importe quelle autorité de réception européenne car "la réception par type peut être accordée sur la base des mêmes rapports de tests que ceux précédemment utilisés pour l'octroi par type au Royaume-Uni" est-il indiqué. Cependant, l'autorité de réception "peut demander la répétition de tests spécifiques" selon l'accord signé.

Cette situation est provisoire, Bruxelles précise bien que "sans préjudice des discussions sur les futures relations" entre l'UE et Londres, le Royaume ne sera plus en mesure de délivrer des homologations européennes une fois qu'il sera effectivement sorti de l'Europe.

En attendant la date fatidique, la société qui représente les constructeurs anglais, SMMT, n'en finit pas de démontrer que le Brexit est une erreur. Le 27 novembre, la SMMT a publié une étude réalisée auprès de ses adhérents. Selon les trois quarts d'entre eux, une sortie du giron européen sans accord spécifique à l'automobile serait tout simplement "catastrophique" pour le business. Plus de la moitié des adhérents de la SMMT fait d'ailleurs savoir que leur activité a déjà souffert du Brexit, essentiellement en raison de l'incertitude générée par cette volonté britannique.
Le directeur de la SMMT Mike Hawes répète donc à nouveau qu'une sortie sans accord "serait catastrophique : des usines fermeraient, des emplois seraient perdus" insiste-t-il.