"Il faudra admettre que les décisions clé concernant Opel ne pourront pas être prises sans l’assentiment des gouvernements de Moscou et de Washington ». Dans le quotidien Die Welt du 15 juin dernier, le commissaire européen à l’industrie, l’allemand Günter Verheugen, met les pieds dans le plat et s’interroge , sur le rôle de l’Europe, dans le sauvetage d’Opel.

 

Il appelle à un examen de fond en comble du constructeur. Selon le montage annoncé à la fin du mois de mai, Opel sera détenu à 35% par GM, 35% par la banque Sberbank, qui dépend de l’Etat russe,  20% par Magna et 10% par les salariés.

 

"Le montage choisi offre-t-il vraiment l’assurance sur la durée que l’entreprise survivra et sera compétitive"? s’interroge le commissaire. « Aucun investisseur n’a été trouvé dans le monde entier pour continuer les activité de GM Europe sans aucune aide publique, cela montre que le risque pour l’entreprise est très élevé, constate-t-il. Les seuls qui n’encourent qu’un risque relativement faible à participer à GM Europe sont les Russes. Ils vont gagner l’accès aux technologies les plus modernes et peuvent ensuite bâtir leur propre industrie automobile, apte à s’exporter. Magna ne serait plus seulement un sous-traitant des constructeurs européens mais désormais un concurrent”.