Après la crise sanitaire et la pénurie des semi-conducteurs, et si un porte-conteneur mesurant 400 m de long et 59 m de large ralentissait à son tour l’industrie automobile et même le commerce mondial en général ? Depuis la nuit du mardi 23 au mercredi 24 mars, un embouteillage inédit bloque en effet le trafic sur le canal de Suez, et 200 navires sont actuellement à l’arrêt aux entrées de cette voie d’eau stratégique reliant la mer Rouge à la mer Méditerranée. Ceci à cause du porte-conteneur Ever Given, opéré par la compagnie Evergreen Marine Corp et appartenant à l’entreprise japonaise Shoei Kisen, qui s’est échoué en travers, probablement à cause d’une rafale de vent.
Alors qu’environ 10 % du fret maritime international emprunte le Canal de Suez, la revue britannique spécialisée Lloyd’s list a chiffré les potentielles conséquences économiques de ce blocage. Ainsi, la marchandise empruntant cette route représente environ 5,1 milliards de dollars (4,3 Mds €) chaque jour en direction de l’Europe et 4,5 milliards de dollars (3,8 Mds €) vers l’Asie, soit 9,6 milliards de dollars (8,1 Mds €).

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Plusieurs semaines avant un retour à la normale ?

Portant 20 000 conteneurs et pesant 220 000 tonnes, ce navire bloqué nécessite l’excavation de 15 000 à 20 000 mètres cubes de sable pour être remis à flot, si l’on en croît l’Autorité égyptienne du canal de Suez (SCA). Mais si le propriétaire japonais du porte-conteneur se veut rassurant, l’entreprise Boskalis, qui participe aux opérations de sauvetage, estime qu’il faudra plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour débloquer la situation.
En attendant, plusieurs entreprises envisagent de dérouter leurs porte-conteneurs vers le Cap de Bonne-Espérance, soit un détour de plusieurs milliers de kilomètres. Les retards de livraison pourraient certainement entraîner des retards de production au sein des usines automobiles européennes, faute de matière première ou de pièces détachées. Notons également que le canal de Suez constitue un passage stratégique pour les livraisons de pétrole et de gaz, ce qui pourrait – si la situation s’éternisait – avoir des répercussions sur le prix des carburants.