Alors que la garde à vue de Carlos Ghosn vient d’être une nouvelle fois prolongée jusqu'au 11 janvier prochain, a minima, un nouveau chapitre de l’affaire s’ouvre car les avocats du président de Renault ont décidé de prendre la main, sollicitant une comparution, afin d'obliger le procureur à clarifier publiquement le motif de sa détention.

Une initiative qui repose sur l'article 34 de la Constitution japonaise qui précise que, « sur demande, une personne retenue peut exiger que la raison précise de sa détention soit rendue publique au tribunal ». Dans l’impossibilité de refuser, le tribunal de Tokyo a fixé au mardi 8 janvier la date de la séance, à laquelle Carlos Ghosn est censé comparaître en personne.

On peut se demander pourquoi Carlos Ghosn et ses conseils n'ont pas utilisé ce recours auparavant, mais toujours est-il que les choses devraient apparaître sous un jour moins opaque à l’issue de cette audience, car pour l’heure, seules des rumeurs émanant majoritairement des médias japonais, et reposant parfois vraisemblablement sur des fuites, sont disponibles.

De même, au-delà de la charge de Hiroto Saikawa, président de Nissan, la loi du silence règne, chez Renault comme au sein des représentants des gouvernements français et japonais. On sait pourtant que depuis le 19 novembre 2018, date de l’arrestation de Carlos Ghosn à Tokyo, le ballet diplomatique est intense en coulisses et que les dirigeants de Renault et de Nissan se sont rencontrés ou parlé à plusieurs reprises.



(avec AFP)