16h31 au Japon ou 8h31 à Paris, vêtu d’un blouson, portant un masque sanitaire blanc, une casquette bleue et des lunettes, Carlos Ghosn est enfin sorti de prison, le mercredi 6 mars 2019, après plus de 100 jours de détention à Tokyo au Japon. L’ancien patron de Renault et de Nissan avait été arrêté le 19 novembre dernier pour des accusations de malversations financières.

Une caution à 8 millions d'euros

Au bout de trois tentatives de demande de libération sous caution, le tribunal a finalement accepté les vœux de Carlos Ghosn la veille. D’une valeur de 8 millions d’euros, la caution a directement été réglée. Le prix à payer pour s’ouvrir au monde extérieur quelques heures plus tard. Surtout qu’un deuxième juge avait rejeté de justesse dans la nuit de mardi à mercredi un appel lancé par le procureur.

A la sortie de la prison de Kosuge, il était encadré de gardiens et s’est immédiatement engouffré dans un van, devant les objectifs de caméras et appareils photo.

Je suis innocent et pleinement déterminé à me défendre avec force dans un procès équitable contre ces accusations sans fondement, a-t-il déclaré dans un communiqué à sa sortie.

Interdiction de quitter le pays

Pour éviter de falsifier des preuves, des mesures ont été mises en place par les autorités japonaises. La remise en liberté de Carlos Ghosn était d’ailleurs conditionnée à l’assurance que l’ancien dirigeant allait demeurer à Tokyo. Il a donc interdiction de quitter le pays, d’utiliser Internet et d’envoyer des messages textes, a également remis son passeport à ses avocats et pourra être placé sous vidéosurveillance à son domicile.

Libre, le grand capitaine déchu entrevoit enfin le moyen de se défendre correctement : il a désormais la possibilité de voir plus fréquemment ses défenseurs pour bâtir une stratégie de défense en vue de son procès dans quelques mois. En février, Carlos Ghosn se disait impatient de pouvoir se défendre avec vigueur : "et ce choix représente pour moi la première étape d'un processus visant non seulement à rétablir mon innocence, mais aussi à faire la lumière sur les circonstances qui ont conduit à mon injuste détention". A noter que si Carlos Ghosn est reconnu coupable, il risque jusqu’à 10 ans de prison.

Quelques articles pour comprendre l'affaire Carlos Ghosn depuis sa détention au 19 novembre 2018 :