"Dans la gouvernance, il est prévu que le directeur général de Renault soit le président de l'alliance. Cette règle ne doit pas changer", a déclaré le ministre sur LCI, en réponse à une question sur un possible bouleversement des équilibres au sein de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi après l'arrestation du PDG de Renault pour des soupçons de malversations financières.

"Le directeur général de Renault - actuellement Thierry Bolloré, directeur exécutif par intérim depuis l'arrestation de M. Ghosn, NDLR - doit rester le président de l'alliance", a martelé M. Le Maire, alors que M. Ghosn a été déchu de ses fonctions de président de Nissan et Mitsubishi.

M. Le Maire a de nouveau rejeté toute "théorie du complot" et implicitement l'hypothèse que la crise soit un coup monté de dirigeants de Nissan ou d'autres acteurs pour faire éclater l'alliance ou provoquer un rééquilibrage en faveur des partenaires nippons.

De hauts responsables de l'alliance (son directoire est composé de 10 membres, 5 nommés par Renault, 5 par Nissan) doivent se retrouver cette semaine aux Pays-Bas, pour une première réunion depuis l'arrestation de M. Ghosn, a indiqué dimanche le quotidien Yomiuri Shimbun. Cette réunion était planifiée de longue date mais le sort de l'alliance est susceptible d'y être discuté, selon le quotidien.

Hiroto Saikawa, l'actuel patron exécutif de Nissan qui doit prendre part à cette réunion, a adressé lundi un message aux salariés au cours d'une réunion au siège à Yokohama. Il y souligne notamment "l'inégalité" dans la structure, tant les pouvoirs étaient jusqu'ici concentrés dans les mains d'un seul homme, ce qui empêchait toute discussion stratégique entre Renault et Nissan, selon une source proche de la compagnie.

"Il y a aujourd'hui un partage qui me paraît le bon, il y a un équilibre qui est le bon. Il y a des participations croisées entre Renault et Nissan qui ne doivent pas changer", a estimé pour sa part M. Le Maire sur LCI.

Renault détient un peu plus de 43% du capital de Nissan qui possède de son côté 15% du constructeur français. L'État français détient le même montant du capital, soit environ 15% (et 22% des droits de vote), de la firme au losange.

"Je ne souhaite pas qu'il y ait de modification des équilibres de pouvoir entre Renault et Nissan, des niveaux de participations croisées", a insisté le ministre.

Il a par ailleurs réitéré son appel aux autorités japonaises à disposer des éléments matériels sur les soupçons pesant sur Carlos Ghosn, qui pour le moment a été maintenu dans ses fonctions de PDG même s'il a été écarté de la direction opérationnelle du groupe.

"Je ne suis convaincu que lorsqu'il y a des preuves. Il y a des charges qui pèsent sur Carlos Ghosn, mais il n'y a pas de preuves", a déclaré M. Le Maire, invoquant la présomption d'innocence.

"Comme actionnaire principal de référence de Renault, l'État a demandé à disposer de ces preuves. Et bien, je renouvelle cette demande, je n'ai toujours aucune preuve, aucun élément tangible sur les charges qui pèsent sur M. Ghosn", a conclu M. Le Maire.