Carlos Ghosn, détenu depuis le 19 novembre 2018 dans une prison de Tokyo pour des malversations financières présumées, vient de modifier son équipe de défense, s'engageant à « rétablir son innocence ».

Son cabinet d'avocat avait annoncé sans explication que Motonari Otsuru, un ancien procureur qui assurait la défense du bâtisseur de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, avait « soumis une lettre de démission au tribunal », ainsi que son confrère Masato Oshikubo.

Peu après, remerciant maître Otsuru et son équipe « pour leur implication inlassable », Carlos Ghosn et ses conseils expliquaient avoir décidé d'engager maître Junichiro Hironaka, célèbre au Japon, alors que la phase du procès se profile à l’horizon.

« Je suis impatient de pouvoir me défendre, avec vigueur, et ce choix représente pour moi la première étape d’un processus visant non seulement à rétablir mon innocence, mais aussi à faire la lumière sur les circonstances qui ont conduit à mon injuste détention », assène Carlos Ghosn dans une déclaration diffusée à la presse.

« Il est probable que Motonari Otsuru et Carlos Ghosn n'étaient pas sur la même ligne, sans quoi on ne démissionne pas comme cela. En général, les avocats japonais comme maître Otsuru veulent que les clients leur obéissent », pointe l'avocat Yasuyuki Takai, qui était lui aussi, comme maître Otsuru, un membre de l'unité spéciale d'enquête du bureau des procureurs de Tokyo.

Junichiro Hironaka, 73 ans, vétéran diplômé de l'université de Tokyo, est un habitué des médias qui marque donc un premier contraste par rapport à son discret confrère Motonari Otsuru. Il a défendu des célébrités et des hommes politiques, des résidents de la région affectée par la catastrophe de Fukushima et travaillé sur des affaires criminelles.

Il a notamment participé avec succès, en 2012, à la défense d'un homme politique influent, Ichiro Ozawa, fin stratège électoral accusé d'implication dans une affaire de financements non déclarés de campagne.


(avec AFP)