Dans une vidéo diffusée sur Youtube, Carlos Ghosn, président et CEO de l’Alliance Renault Nissan Mitsubishi, est interviewé par Satya Nadella, président directeur général de Microsoft. Dans un premier temps il revient sur sa jeunesse cosmopolite et polyglotte, mettant en perspective sa dimension « citoyen du monde », pour faire écho à un ouvrage qui lui fut consacré : « Le mérite ne me revient pas mais cela m’a été précieux pour gérer la mondialisation du groupe ». Un groupe qui réunit aujourd'hui un melting pot de quelque 450 000 collaborateurs.

Carlos Ghosn met aussi en perspective l’image de l’industrie automobile, qui a su se dépoussiérer et retrouver ses lettres de noblesses : « Il y a quinze ans, on parlait de l’automobile comme d’une industrie peu stimulante, de surcroît avec de faibles marges d’un point de vue économique. Aujourd'hui, tout a changé car le véhicule de demain sera « zéro émission », peut-être électrique…, connecté, autonome selon différents niveaux, et serviciel. Pour parcourir ce chemin, l’industrie automobile s’ouvre et a compris qu’il fallait travailler de concert avec d’autres acteurs, dont les tech companies ».

Une situation qui ne l’inquiète pas outre mesure, loin de là : « Les groupes automobiles ne sont pas démunis face aux nouveaux entrants. D’une part, parce qu’ils sont conscients de la nécessité du changement et qu’ils en sont pas pris par surprise. D’autre part, parce que notre secteur est très régulé par les différents législateurs mondiaux ».

Enfin, sur le volet du management, Carlos Ghosn rappelle ses convictions mais reconnaît aussi une interrogation : « Nous avons un grand défi à relever, à savoir que si nous savons de quels profils de managers nous avons besoin aujourd'hui, nous n’avons pas les mêmes certitudes pour demain, d’ici dix à quinze ans. Surtout que si la société change, le monde de l’entreprise aussi ! ».