Le lundi 19 novembre 2018 peut être le dernier jour de Carlos Ghosn en tant que patron de Nissan. Le constructeur automobile japonais a annoncé ce jour que le président de son conseil d’administration avait pendant de nombreuses années, déclaré des revenus inférieurs au montant réel selon les résultats d’une enquête interne. "En outre, de nombreuses autres malversations ont été découvertes, telles que l’utilisation de biens de l’entreprise à des fins personnelles".

Carlos Ghosn a été arrêté

Celui qui est aussi le patron du groupe français Renault a été entendu par la justice à Tokyo, sur des soupçons de dissimulation d’une partie de son salaire au fisc. Il a été interrogé par le parquet pour violation présumée de la réglementation japonaise sur les instruments financiers et les changes. Le siège de Nissan à Yokohama, près de Tokyo a été perquisitionné avant même le début des confrontations. Alors que le capitaine d’industrie chef a accepté de collaborer avec la justice, il pourrait être emprisonné après la fin de l’interrogatoire.

Cette information a été révélée par des médias japonais, mais Nissan a immédiatement confirmé les faits, demandant ainsi le départ du PDG au plus vite. Et d’après lui, le dirigeant de 64 ans aurait lui-même présenté sa démission.

Suite à cette affaire d'ordre mondial, le titre de Renault est à la peine. A 11h ce lundi 19 novembre 2018, il creusait ses pertes à la Bourse de Paris s’effondrant ainsi de plus de 12%, à 56,51 euros dans un marché à l’équilibre.

Emmanuel Macron sera "vigilant"

Carlos Ghosn est arrivé chez Nissan en 1999 avec pour mission de redresser les activités du constructeur japonais, tout juste uni au français Renault. Pour la période avril 2016 à mars 2017, il aurait perçu quasiment 1,1 milliard de yens (8,8 millions d’euros à l’époque) en tant que PDG de la marque. Il a passé le relais en avril 2017 pour ne rester que président du conseil d’administration.

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Même en déplacement en Belgique, Emmanuel Macron a évidemment réagit suite à l'arrestation de Carlos Ghosn. Le président de la République a assuré que "l'Etat, en tant qu'actionnaire (de Renault), sera extrêmement vigilant à la stabilité de l'alliance et du groupe", lors d'une conférence de presse à Bruxelles avec le Premier ministre belge Charles Michel. Et d'ajouter : Il est trop tôt pour se prononcer sur la réalité des faits mais l'Etat apportera tout son soutien à l'ensemble des salariés de l'entreprise".
Nissan réunira son conseil d'administration jeudi 22 novembre 2018 pour voter le départ de leur patron Ghosn.