Même pas une once d’espoir, fallait s’y attendre. Le verdict est sans appel : le conseil d’administration de Nissan a voté, jeudi 22 novembre 2018, la révocation de Carlos Ghosn, jusqu’alors son président. Cette nouvelle tombe deux jours après l’arrestation du patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi au Japon pour malversations financières présumées concernant le constructeur japonais. La résolution démettant Carlos Ghosn de la présidence du conseil semble avoir été adoptée à l’unanimité. C’est donc la fin d’un règne de près de 20 ans du multimillionnaire âgé de 64 ans, encore salué pour avoir sauvé Nissan et Mitsubishi.
>> Lire aussi Carlos Ghosn (Nissan) a été arrêté pour fraude fiscale au Japon

Ce vote n'est qu'une étape dans le limogeage du grand patron. Pour le renvoyer, Nissan va devoir avancer une assemblée générale de ses actionnaires afin de soumettre au vote son renvoi et la nomination d'une nouvelle équipe.

Hiroto Saikawa préssenti pour remplacer Carlos Ghosn

Si les médias japonais ont dévoilé l’information, Nissan la confirme. Le constructeur automobile assure également que « le partenariat d’alliance de longue date scellé avec Renault demeurait intact ». Les membres du conseil n’ont pas hésité à écarter leur parton malgré les demandes de Renault. 
>> Lire aussi Carlos Ghosn :Thierry Bolloré assure la direction exécutive de Renault

Etant de sa garde rapprochée, Hiroto Saikawa aurait été à l’origine de l’enquête interne allant contre le super-patron, aujourd’hui en garde à vue au Japon (prolongée de 10 jours) depuis le lundi 19 novembre 2018. Il serait pressenti pour remplacer Carlos Ghosn à la tête du conseil de Nissan. Hiroto Saikawa avait été adoubé en avril 2017 par Carlos Ghosn, qui lui avait alors passé les commandes exécutives du groupe pour se consacrer à la consolidation de l’alliance.

Vers la théorie du complot ?

Suite à cette révélation, le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a appelé à la vigilance.

Il dit "craindre une volonté de déstabilisation des Japonais, soit pour le faire exploser, soit pour affaiblir Renault à l'intérieur de l'ensemble".

Avant d’ajouter : "L'avenir de Renault est un gros sujet de vigilance sur lequel tout le monde doit se concentrer car derrière il y a des dizaines de milliers d'emplois et il ne faudrait pas que cette affaire aboutisse à une nouvelle tragédie industrielle comme celle qu'on a connue sur Alstom", a-t-il prévenu sur Radio Classique. Rappelons que certains analystes avancent la théorie du complot laquelle cacherait un coup d’état de Nissan.