L’arrestation de Carlos Ghosn est en train de marquer les esprits. Accusé de malversations concernant Nissan et actuellement en garde à vue au Japon, prolongée pour dix jours, le patron emblématique de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est temporairement incapable de gérer les affaires du groupe français au losange.
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Une réunion extraordinaire s’est donc tenue le mardi 20 novembre 2018 dans la soirée pour s’organiser face à cette crise. Selon un communiqué de presse officiel, "le conseil d’administration Renault a mis en place des mesures de gouvernance provisoires pour préserver les intérêts de l’entreprise et assurer la continuité de ses activités opérationnelles". Il s’est réuni sous la présidence de l’administrateur référent Philippe Lagayette. Et d’ajouter : "M. Ghosn, temporairement empêché, demeure président-directeur général. Le conseil d’administration a nommé à titre provisoire M. Thierry Bolloré en qualité de directeur général délégué.Il exercera à ce titre la direction exécutive du groupe, disposant ainsi des mêmes pouvoirs que M. Ghosn". De son côté, Philippe Lagayette présidera le conseil d’administration sans avoir le titre formel de président.

Bruno Le Maire assure la solidité de la gouvernance

Des réunions de ce type s’organiseront régulièrement en parallèle de l’affaire Nissan.
C’est en toute logique que le constructeur nomme Thierry Bolloré, 55 ans, jusqu’à présent numéro 2 du groupe Renault depuis février 2018.

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D’après les informations du Monde, Carlos Ghosn ne serait pas totalement coupé de tous. Il aurait rencontré l’ambassadeur de France au Japon et aurait pu communiquer avec les principaux dirigeants de Renault, pour semble-t-il, transmettre ses pouvoirs au nouveau directeur par intérim.

Bruno Le Maire a évidemment fait part de son soutien depuis le début des accusations le lundi 19 novembre 2018. Le ministre de l’Economie a assuré que cette gouvernance, certes provisoire, est bien « solide » afin de permettre à l’entreprise de poursuivre ses activités en toute quiétude. « Elle garantit le bon fonctionnement de Renault, qui est le fleuron industriel auquel nous sommes profondément attachés », a-t-il ajouté.

Nissan dans le collimateur

Alors que le tribunal de Tokyo a décidé de prolonger de 10 jours la garde à vue du capitaine d’industrie, il prévoit également d’étendre les investigations en cours pour remettre en cause toute la gouvernance de Nissan selon les grands médias japonais. Pas d’information supplémentaire pour l’instant.