En présence d’EtienneKlein, directeur de recherche au commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), membre de l’Académie des technologies, professeur de physique quantique à l’Ecole Centrale, et membre du prestigieux jury du Valeo innovation Challenge, Jacques Aschenbroich, président directeur général de Valeo, a dévoilé le palmarès du millésime 2018.
Un palmarès qui récompense toujours des équipes d’étudiants chercheurs ou ingénieurs, mais qui s’est éloigné, pour sa cinquième édition, de la technologie et du périmètre scientifique, pour mettre en avant des projets faisant souvent valoir une empreinte plus sociétale.

Les dimensions sociales et entrepreneuriales priment sur la technologie


Ainsi, le premier prix est revenu à l’équipe du Strathmore Energy Research Centre (Kenya) « pour son appareil de transport électrique fonctionnant à l’énergie solaire, capable d’acheminer de l’énergie dans les zones rurales ». « Appareil de transport » est le mot idoine pour désigner un véhicule à 3 trois roues (une déclinaison 4 roues est possible), coiffé de panneaux solaires alimentant un système électrique pour s’assurer d’une autonomie très variable selon les conditions d’utilisation. Pour qualifier le châssis, Guillaume Devauchelle, directeur de l’innovation et du développement scientifique de Valeo, parle d’une « somme d’astuces », mais on est loin de la complexité d’un département R&D ou d’un projet prospectif.

Le projet se distingue davantage par son volet social. En effet, le tuteur canadien de l’équipe kenyane, lui-même grand connaisseur de l’Afrique pour y avoir travaillé près de 30 ans, a eu initialement cette idée pour faciliter les allées et venues pour l’approvisionnement en eau dans les campagnes. Au niveau du business-model, une offre à deux euros par jour pendant trois ans est envisagée, sachant que le véhicule peut être mis au service d’une activité professionnelle artisanale et que la batterie peut permettre la recharge des téléphones mobiles, une problématique importante dans des pays où la disponibilité électrique ne va pas de soi, moyennant 20 centimes d’euros. « L’objectif est d’autofinancer l’achat du véhicule en le mettant au service d’une activité et en commercialisant des prestations », explique le tuteur.

C’est d’ailleurs cet esprit pratique et entrepreneurial qu’a loué le jury par la voix de Jacques Aschenbroich. Après avoir déjà obtenu une bourse, l’équipe kenyane a gagné un chèque de 100000 euros avec ce premier prix, de quoi lancer des tests dans plusieurs zones et provisionner la fabrication d’une centaine de véhicules.

Nouveau record de participation au challenge en 2018


L’équipe de l’université de Liège (Belgique) et l’équipe de la Cambridge Judge Business School (Royaume-Uni) complètent le palmarès, avec leurs projets respectifs de contrôle continu du taux de glycémie des conducteurs diabétiques et de système de propulsion par hydrogène.

Jacques Aschenbroich a, en outre, rappelé que cette cinquième édition marquait un nouveau record de participation, avec 3575 étudiants et 1740 équipes issus de 107 pays et provenant de 676 universités et écoles supérieures. La France était notamment représentée par une équipe de l’Ecole des mines Paris Tech, présidée par Jacques Aschenbroich, qui figurait dans la liste des neuf finalistes (un ambitieux projet SafeMaps axé sur les communications VtoV).