Le sujet semble tabou. Pourtant... Pas une semaine sans l'annonce d'un plan de licenciement ou d'une fermeture d'usine chez un équipementier ou encore de mesure de chômage partiel chez un constructeur. Mais du côté du secteur des services - troisième volet de notre enquête sur l'emploi de l'automobile depuis le début de la crise - il semble difficile d'aborder le sujet. Les professionnels préfèrent garder le silence. Même si l'impact est fort.

La dernière enquête du CNPA montre une perte nette de 3 000 postes sur les mois de novembre et de décembre 2008 à laquelle il faut ajouter la disparition de 4 000 emplois supplémentaires sur les trois premiers mois 2009. La facture est lourde !

Parmi les entreprises les plus touchées : celles dont le dirigeant cherche un repreneur afin de partir en retraite et celles dont la passation de pouvoir est récente. "La situation est très difficile pour les jeunes entreprises, qui viennent d'être reprises ou crées, à cause du blocage de la part des banques qui sont plus frileuses à leur égard", explique Aliou Sow, secrétaire général de la FNAA.

 

 

Situation inquiétante

"Au regard du nombre de difficultés remontées, le secteur de la carrosserie semble particulièrement touché mais ce ne sont là que des ressentis. Nous observons une fracture parmi les adhérents de la réparation : 50% estiment que leur situation est bonne et l'autre moitié connaît pas mal de problèmes. L'année dernière, nous recencions 70% de dirigeants plutôt satisfaits. Mais c'est certain : en 2009, il y aura plus de défaillances. La situation est surtout inquiétante pour ceux qui avaient eu le courage de reprendre une entreprise en 2006-2007. Ils ont besoin d'un soutien bancaire important pendant les premières années, avec le risque de ne pas le trouver cette année."

Les premiers chiffres sur les défaillances d'entreprise, présentés par la Banque de France sont tombés. Et ils ne sont pas bons ! En un an, entre mars 2008 et mars 2009 (données encore provisoires), le nombre de défaillances a augmenté de 11,1%. Un pourcentage qui passe à 35% si l'on compare les trois premiers mois de 2009 à ceux de 2008. Entre décembre 2008 et février 2009, ce sont 3 486 entreprises de ce secteur qui sont déclarées en faillite selon la définition de la Banque de France (qui prend en compte de la date de jugement des tribunaux de commerce).

Le commerce et la réparation automobile est le deuxième secteur le plus touché, derrière celui du bâtiment.

Difficile d'obtenir des résultats plus pointus mais la FNCGA (Fédération nationale des centres de gestion agrées) a réussi à isoler quelques tendances. Ainsi  les professionnels de la carrosserie situés dans le Nord-Pas-de-Calais souffrent le plus avec une baisse d'activité de 22,9% suivis de ceux du Poitou-Charentes (-15%) et de la Provence (-6%). Quant au commerce auto, presque toutes les régions sont en décroissance.