Sans attendre la publication de ses résultats du troisième trimestre, l’équipementier allemand Continental a refroidi les places de marché en lançant un « profit warning » pour l’exercice 2018, annonçant un niveau de progression moins élevé pour le chiffre d’affaires comme pour la marge. Prosaïquement, Continental table désormais sur un chiffre d'affaires d'environ 46 milliards d'euros et une marge d'exploitation légèrement supérieure à 9% pour 2018, au lieu de, respectivement, 47 milliards et plus de 10% prévus initialement. La direction du groupe justifie cette révision par des coûts de développement qui augmentent sur les véhicules électriques et hybrides, par un repli de l’activité pneumatique et par quelques charges imprévues.

S’il n’y a rien d’exceptionnel dans ce « profit warning », il convient toutefois de relever la sévérité des réactions des places boursières. Continental a naturellement été sanctionné, mais aussi d’autres pneumaticiens de premier plan (Michelin, Pirelli…) et l’ensemble des valeurs automobiles (Daimler, Volkswagen, Faurecia, Valeo…). Une situation qui démontre la tension qui caractérise actuellement le secteur automobile et les places de marché. Alors que les performances financières d’ensemble sont bonnes, les incertitudes demeurent nombreuses et beaucoup pensent qu’un cycle plus difficile se profile, avec une hausse des investissements (programmes d’électrification, d’autonomisation, de digitalisation, etc.) et une dégradation des marges financières.

Cette annonce de Continental ne remet pas en cause le vaste plan de réorganisation présenté par Elmar Degenhart, président de Continental, au début de l’été, à savoir la mise en place d’un holding qui va coiffer trois grandes business units, « Continental Rubber », « Continental Automotive » et « Powertrain », à l’horizon 2020. On ne sait pas non plus si les objectifs à moyen terme sont maintenus. Pour le groupe, Elmar Degenhart envisage une croissance du chiffre d’affaires pour atteindre 50 milliards en 2020.