Le contrôle technique s'est réformé au 20 mai dernier, de manière à ce que tous les pays de l'Union se mettent au diapason d'une directive européenne. Ce qui a suscité une certaine angoisse chez les automobilistes ! Cinq mois après la mise en place effective de la réforme, premier bilan de la part de Dekra-Norisko, qui procède à environ un quart des contrôles de VL en France : 22,4% de "taux de refus", soit de véhicules envoyés en contre-visite, dont 1,4% relève d'une "défaillance critique". Ce taux de contre-visite représente une augmentation de 3,9 points par rapport à 2017.
Fin septembre, le grand concurrent de Dekra avait livré des chiffres quasi-identiques : 21% de taux de refus depuis la réforme, dont 1,8% relevant d'une défaillance critique pour ce qui est des centres détenus par SGS.

Le grand chamboulement des automobilistes n'a donc pas eu lieu. Mais avec l'entrée en vigueur de la réforme, le nombre de défauts et leur gravité ont considérablement augmenté. De ce fait, selon Dekra, les défaillances liées à la carrosserie ou au châssis ont progressé de 3 points. Celles en rapport avec une perte de liquide, de 2,4 points, tandis que les soucis de feux de croisement ont eux aussi grimpé, de 2 points. Dekra précise que le nouveau matériel dont se servent les centres depuis le mois de juillet procède à une mesure plus fine sur les phares, d'où un accroissement des défauts constatés.

Si l'on ne s'intéresse qu'aux défaillances critiques, leur première cause est l'état des pneus (14%), devant un frein à main qui laisse à désirer (11%) ou des feux stop inopérants (9%).

Alors que le taux de refus des diesels pour cause d'opacité des fumées trop épaisses a été de 0,8% en 2017, il s'établit aujourd'hui à 3,2%. Une sacrée progression, qui s'explique notamment par le fait que les véhicules Euro 6 répondent déjà à un seuil de pollution bien plus drastique depuis le 20 mai 2018.

Or, la prochaine réforme du contrôle technique portera justement sur la pollution des diesels. Elle entrera en vigueur le 1er janvier prochain. Les diesels seront soumis à des valeurs d'opacité plus exigeantes que les actuelles. Selon Dekra, ceci devrait entraîner un taux de refus de l'ordre de 5 à 7%, ce qui représente des dizaines de milliers de véhicules qui vont devoir passer par l'atelier pour cause de refus au contrôle technique... Néanmoins, tous les nouveaux matériels nécessaires à cette mesure de pollution sont encore loin d'être déployés. Le groupe Dekra avoue que 25% de ses centres sont d'ores et déjà prêts. La pression est désormais sur les équipementiers et leurs équipes de mainteneurs...