Au sein d'un marché français en progression de 9,2% en juin et de 4,7% sur le premier semestre, le groupe Renault se révèle plutôt satisfait de ses résultats commerciaux : 76 177 Véhicules particuliers (VP) écoulés en juin (+6,5%), 314 264 au cumul des six premiers mois de l'année (+15,7%). Des résultats supérieurs au marché grâce aux excellentes ventes de Dacia sur l'ensemble du semestre, et à une bonne performance de Renault sur le mois de juin. Dacia aurait même battu son record de ventes semestrielles, selon Renault.

La marque française a ainsi vu ses immatriculations croître de 12,4% le mois dernier, de 2,3% sur le semestre : les Clio, Captur et Twingo ont fait état de chiffres de belles progressions. Philippe Buros explique le succès de la Twingo en juin (+61,9% et 5673 ventes) par des immatriculations nombreuses auprès des sociétés de location de courte durée. Concernant les autres produits (Dacia inclus), "nous sommes bien aidés par la prime à la conversion" qui serait massivement sollicitée par les clients pour acheter des véhicules de segment A ou B, d'après le directeur du commerce.

Mais cette hypertrophie des segments inférieurs se paie comptant : "Lorsque les segments A et B poussent, c'est logiquement un peu au détriment du C et du D" concède M. Buros. Les Kadjar (-9,3%) Espace (-31,6%) et Talisman (-44,1%) ont perdu du terrain au premier semestre 2018. Loin de nier le phénomène, Philippe Buros précise toutefois que "ce ne sont pas les mêmes segments, mais les mêmes clients" que ceux qui acquièrent un Koléos. Or, le dernier SUV de Renault a vu ses ventes progresser de 203,2% sur 6 mois, avec 4609 immatriculations.

Sur les ventes de véhicules électriques enfin, le directeur préfère regarder le verre à moitié plein : "Nous avons pris plus de 2100 commandes de Zoé en juin, c'est revenu à un bon niveau" explique-t-il. La petite électrique de Renault a tout de même vu ses ventes reculer de 13,4% sur le semestre, avec 8007 unités écoulées.

L'avenir se décompose en deux séquences pour Philippe Buros : "Jusqu'à la fin août, pas de souci" indique-t-il. Mais ensuite, tous les moteurs vendus ou presque devront témoigner de valeurs de CO2 homologuées selon le règlement WLTP : "Plus que le WLTP en lui-même, ce sont les valeurs les unes par rapport aux autres qui peuvent avoir un impact" souligne le directeur du commerce.
Tout le monde étant logé à la même enseigne, M. Buros craint que des écarts très significatifs se creusent entre les différentes marques et leurs valeurs d'émissions de CO2 : "Cela peut influencer le marché, au moins sur les commandes" prévient-il. Sans doute sera-t-il toujours temps de se consoler avec les résultats de Dacia : +20,8% de ventes sur le semestre, quatrième marque la plus diffusée de France devant Volkswagen, la success story romano-française ne semble pas prête de s'arrêter : "Dacia ? Pourvu que cela dure..." termine Philippe Buros.