Costume, cravate, cheveux poivre et sel, voix grave : Daniel Vassalucci en impose. Son curriculum vitae aussi. D’emblée, on sait à qui on a affaire : un compétiteur. « J’ai toujours voulu être en tête de liste. Avec mes camarades, nous avions l’habitude de rivaliser pour mettre un peu de piment dans nos relations. » Un état d’esprit qu’il nourrit lors de son passage au sein de l’établissement scolaire Lacordaire à Marseille, la ville qui l’a vu naître en 1961. Réputée pour son approche bienveillante, cette école a façonné l’enfant, l’adolescent et le jeune homme, de la maternelle au bac, autour de la recherche de l’excellence. « L’école a étayé ma vie. C’était très enrichissant de vivre un cycle comme celui-là. »


« En carence d’algorithme »

Quand il en est sorti en 1977, sa passion pour le domaine médical a eu raison de l’étudiant, malgré son penchant pour l’informatique. Ce sera médecine. Six ans lui ont suffi pour se poser les bonnes questions. « Dès la quatrième année, j’étais en carence de ce que j’aimais vraiment : l’algorithme. » Il entame alors, en parallèle, un cursus informatique pour décrocher une maîtrise, réussissant à combler ses deux passions, la chirurgie et les maths, et à jongler avec ses plannings.

« J’alternais entre sorties et périodes de “no life”, mais je n’ai jamais vu le travail comme une contrainte, plutôt comme un enrichissement personnel.»

L’environnement hospitalier ne lui a pas convenu pour diverses raisons, dont une seulement l’a blessé : issu d’un milieu modeste, le jeune homme a vite compris qu’on n’allait pas lui faciliter la tâche. Il termine sa licence informatique, quelques idées et projets naissent. Une question révèle alors son âme d’entrepreneur : pourquoi ne pas allier ses deux passions, les deux formations et exploiter l’informatique dans le domaine médical ?

« Dans les années 1980, on était au balbutiement de ce que l’informatique pouvait apporter au secteur, j’ai donc créé une entreprise pour développer des logiciels et informatiser les cabinets médicaux. »

Des levées de fonds et des milliers de médecins équipés plus tard, Daniel Vassalucci décide de passer la main pour éviter la phase d’industrialisation. En 1997, le voilà «“orphelin” et presque sans argent, même après douze ans de travail ». Mais la vague Internet est là... Il crée une nouvelle structure afin de proposer aux entreprises un catalogue de services pour se connecter au Web de « façon intelligente ». Quatre ans s’écoulent et une rencontre fait basculer le projet. « Un client m’interpelle sur un service que nous ne faisions pas : la géolocalisation des véhicules. Le sujet m’intéresse, je regarde le marché et 4 500 idées me viennent à l’esprit.» Daniel Vassalucci cède ses parts à ses associés en 2006, se replonge dans l’informatique, crée Mapping Control et, en 2008, commercialise son service de géolocalisation. « Et là, il se passe quelque chose, les professionnels de l’automobile m’ouvrent les yeux sur une problématique : le coût des flottes. »


80 000 véhicules, 3 000 clients

Il exploite alors toute la data collectée auprès de ses clients pour créer une plateforme complète de huit services modulaires, couplée à des applications de smartphone. Les clients peuvent ainsi gérer leur parc et les amendes, mais aussi analyser leur manière de conduire, faire de l’autopartage... Pour chapeauter cette offre, Daniel Vassalucci a créé une entreprise structurée sous le nom d’Optimum Automotive Group en 2015. Aujourd’hui, avec deux filiales au Maroc et en Côte d’Ivoire, le groupe compte plus de 3 000 clients et équipe plus de 80 000 véhicules. Les marchés polonais et espagnol sont les prochains sur la liste. « Nous sommes encore une petite société française, mais nous avons la ferme intention d’écrire une page de l’automobile. »