Un simple avis publié dans le quotidien Le Monde l'a fait savoir : Raymond Lévy n'est plus, depuis le 10 octobre. Il était né en 1927 à Paris, ville où il s'est éteint.

Raymond Lévy est resté bien moins longtemps que son successeur à la tête de Renault, mais les chantiers qu'il eût à gérer ne furent pas des moindres. Il prit la tête de ce que l'on appelait encore la régie Renault en 1986 selon la volonté d'Alain Madelin, alors ministre de l'Industrie. M. Lévy arrivait dans un contexte doublement en crise : non seulement la régie perdait de l'argent (32 milliards de francs de perte en 1986), mais en plus, son PDG George Besse venait de disparaître brutalement, assassiné en pleine rue par les fanatiques d'Action Directe.

Raymond Lévy parvint à son but d'un point de vue financier. Lorsqu'il céda la présidence à Louis Schweitzer en 1992, Renault gagnait à nouveau de l'argent.

Il faut dire que M. Lévy avait taillé dans le vif. La régie Renault n'était plus, l'entreprise était devenue Renault SA entre temps. Selon les journaux de l'époque d'Antenne 2, 15 000 suppressions de poste avaient aussi fait partie du processus de privatisation... Raymond Lévy fut aussi l'artisan du rapprochement entre Volvo et Renault, en 1990. Un rapprochement qui tient encore aujourd'hui dans le domaine des poids lourds, mais qui a volé en éclats pour ce qui est des véhicules légers en 1993. Raymond Lévy fut enfin celui qui cessa les aventures hasardeuses de Renault aux Etats-Unis. Il revendit AMC à Chrysler, cessa la commercialisation des Renault Médaillon et Alliance aux Etats-Unis, bref, Raymond Lévy fit le choix de recentrer Renault sur son coeur de marché qu'était l'Europe.

S'il était une chose que M. Lévy avait en horreur, c'était la réputation de mauvaise qualité des produits Renault. Lui-même possédait une Renault 25 de fonction, et n'hésitait pas à faire savoir à tout le monde (même à la presse) que celle-ci était systématiquement en panne. Raymond Lévy fut ainsi à l'origine d'un premier saut qualitatif dans l'histoire de Renault, qui se matérialisa sur la première Clio puis sur la Safrane.
Alors qu'il quittait la présidence de Renault, Raymond Lévy s'ouvrit à nouveau à Antenne 2 : "Ma plus belle récompense, c'est incontestablement un classement établi par un mensuel allemand de l'automobile qui fait référence (...) Il s'agit d'un classement de fiabilité des véhicules de niveau moyen. Après 3 ans de fonctionnement, Renault arrive en tête de toutes les marques européennes. C'était mon rêve, il est réalisé..."