L’association Megacities Institute, fondée sous l’impulsion de Bosch, Allianz et le Gipa, a publié les résultats d’une étude menée en ligne, du 25 octobre au 2 décembre 2018, auprès de 474 conducteurs de véhicules semi-automatisés. Ces automobilistes possèdent un véhicule équipé d’au moins un des trois systèmes d'aide à la conduite automobile suivants (niveau 2 d’automatisation) : le système de freinage d’urgence automatique, le régulateur adaptatif de vitesse et le système de parking automatisé.

Premier enseignement de cette étude : le régulateur de vitesse est la technologie qui pèse le plus dans l’intention d’achat. Un tiers des conducteurs ont affirmé qu’ils n’auraient pas acheté ce véhicule sans la présence de cet équipement. A l’inverse, le dispositif de stationnement ne semble pas constituer un argument majeur dans la décision d’achat.

Megacities Institute a ensuite interrogé les automobilistes pour comprendre et analyser leur comportement face à ces systèmes dont leur voiture est équipée. Il ressort que 94% d’entre eux gardent le freinage d’urgence activé en permanence. Mais 44% des personnes sondées ont estimé que ce système « a pu se déclencher dans une situation qui ne le nécessitait pas ».

Freinage d’urgence : une mise en situation nécessaire


Selon Franck Cazenave, directeur Smart Cities et véhicule autonome de Bosch France et président de Megacities Institute, « il y a un travail de pédagogie à accomplir sur le freinage d’urgence de la part des concessionnaires lors de la remise des clés du véhicule. Il faut former les conducteurs ou organiser des expériences de manière à ce qu’ils se préparent à cette intervention, qui surprend lorsqu’elle se produit pour la première fois ». Au final, 75% des automobilistes ont répondu que le système de freinage d’urgence constitue un équipement indispensable sur leur prochaine voiture. Selon l’assureur Allianz, ce système peut pallier le manque de réaction de la part du conducteur dans 40% des accidents mortels.

Franck Cazenave, directeur Smart Cities et véhicule autonome de Bosch France et président de Megacities Institute
Concernant le régulateur adaptatif de vitesse, 79% des conducteurs ont déclaré qu’ils l’activent régulièrement, et 19% parfois.
« Pour 48% des conducteurs interrogés, la sécurité que leur apporte le régulateur de vitesse adaptatif est supérieure à ce qu’ils attendaient avant de l’utiliser. D’ailleurs, 86% des conducteurs déclarent que le risque de dysfonctionnement est inférieur ou égal à ce qu’ils pensaient avant d’en avoir l’expérience», souligne Odette Dantas, directrice générale adjointe du Gipa France et vice-présidente de Megacities Institute. Allianz précise qu’il n’existe pas encore de données statistiques qui permettent de mesurer les effets du régulateur de vitesse sur l’accidentologie.

Le système de parking automatisé s’avère être au final l’équipement le moins activé par les automobilistes, puisque seuls 23% ont répondu qu’ils l’utilisaient régulièrement, soit plus de trois fois moins que le régulateur adaptatif de vitesse. « Les conducteurs dont les véhicules sont équipés de cette fonction pour le stationnement ne sont pas satisfaits à cause « de la lenteur » et de « l’imperfection » du système. Les conducteurs souhaitent un système plus rapide, en particulier, pour des espaces de stationnement étroits », indique Megacities Institute.

Ouverts aux véhicules autonomes


Enfin, à la question portant sur les véhicules autonomes, 65% des conducteurs d’un véhicule semi-automatisé ont répondu qu’ils étaient ouverts à son utilisation. « Ces conducteurs sont bien plus prêts à l’arrivée des voitures autonomes que les conducteurs de voitures dépourvues de ces aides à la conduite », estime Franck Cazenave. 60% des automobilistes équipés d’Adas pensent que les voitures autonomes partageront les mêmes routes que les voitures classiques d’ici moins de 5 ans.