Quand le gouvernement élargit le champ des possibles… Deux euros et cinquante centimes par véhicule et par jour pourraient être la somme à débourser si des péages urbains sont installés aux portes des grandes villes.
Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a confirmé le 18 octobre 2018, les informations du site Contexte. En effet, ce média a révélé la veille le projet de loi d’orientation sur les mobilités (LOM) qui doit être présenté au Conseil des ministres à l’automne 2018, voire janvier ou février. Cette mesure anti-pollution prévoit la possibilité pour les communes de plus de 100 000 habitants d’instaurer des "tarifs de congestion" pour "limiter la circulation automobile et lutter contre la pollution et les nuisances environnementales". Autrement dit, les habitants, et même les travailleurs, devront s’acquitter d’un droit d’entrée pour accéder à leur centre-ville.

Entre 2,5 et 5 euros par voiture et par jour

Pour Paris, Lyon ou Marseille, la facture risque d’être salée. Outre le plafond de 2,50 pour 100 000 habitants, les tarifs pourraient s'élever jusqu’à 5 euros dans les villes de plus de 500 000 habitants et 10 ou 20 euros pour les poids lourds. Les ambulances ou les transports publics seront probablement exemptés de ces taxes.

Mais le paiement sera facilité par un système de téléservice qui sera mis à disposition pour les usagers, soit un acquittement du montant prévu avant le franchissement de la "zone" définie par les communes. Plus simplement, il s’agira d’un abonnement forfaitaire sans la mise en place de barrière, les automobilistes seront comptabilisés par des caméras et recevront (ou seront prélevés) une facture à la fin de chaque mois. A noter que ce système existe déjà à Londres, Stockholm ou à Milan.

Pour Paris et Toulouse c’est non !

Pour l’heure, ce projet de LOM ne rencontre pas un franc succès. Alors que ce sujet est en pourparlers avec Elizabeth Borne, la ministre des Transports, depuis le début de l’année, les villes ne semblent pas encore prêtes pour imposer ce genre de droit d’entrée comme Paris et Toulouse. Ce ne sera pas non plus à l’ordre du jour pour Lyon et Marseille, même si les élus y réfléchissent….selon Les Echos, aucune ville ne se serait d'ailleurs déclarée volontaire ou en faveur de la mise en place de péages urbains.

Ségrégation sociale, baisse du pouvoir d'achat et pétition

Invité de RTL du jeudi 18 octobre 2018, Yves Carra, porte-parole de l’Automobile Club, a réclamé l’abandon de cette mesure.

"Tous les Français ont dû avoir une pointe au cœur en entendant ça (...) J'espère que la loi d'orientation va revenir sur ce projet, car qui veut payer encore plus pour posséder une voiture ?", rapporte-t-il au micro de la radio.

Il serait toutefois ouvert à la création de péages limitant les transits comme c’est à l’étude dans la ville de Lyon. Comme il le défend également avec la baisse du pouvoir d’achat et l’exemple de Londres (où il n’y a que des voitures de luxe qui circulent), Valérie Pécresse, présidente Les Républicains de la région Ile-de-France, dénonce davantage un effet de ségrégation sociale.

Le député de l'Essonne et président de Debout La France, Nicolas Dupont-Aignan, a également réagit "face à ce hold-up". Il invite d'ailleurs tous les Français à signer une pétition qui est en train de circuler, "Non aux péages à l'entrée des villes !".