C’est le côté obscur du net. Des malfaiteurs ont mis au point une méthode bien rôdée pour voler des véhicules « sans effraction » .

C’est ce que vient de découvrir la police française qui a réalisé un vaste coup de filet et interpelé sept personnes soupçonnées d’avoir volé une centaine de voitures en quelques mois en région parisienne.

Remonter aux données du constructeur via ses concessionnaires

La méthode de ces pirates d'un nouveau genre  : ils achetaient sur le Darknet - la face cachée de l'internet - des clefs vierges, un calculateur pour les encoder. Ils obtenaient l'identifiant de garages Peugeot et Citroën en Angleterre pour avoir accès aux numéros de série de voitures.

Dans les réseaux Darknet, les adresses IP ne sont pas partagées publiquement et les utilisateurs peuvent donc communiquer avec peu de crainte d'interférence gouvernementale ou d'entreprise.

Les pirates ou leurs complices repéraient ensuite la voiture, notaient son numéro de série puis allaient consulter les fichiers pour relever le code de la clef.

Les voitures étaient volées moins de 24 heures après.


Des voitures dépecées dont les pièces partaient en Pologne

Dans ce cas d’espèce, les voitures ainsi volées était désossées et revendues en pièces détachées en Pologne. Le reste était écoulé auprès d’un ferrailleur du Val-de-Marne.

"C'était une usine, ça dépotait tous les jours, une véritable entreprise clandestine avec plusieurs ouvriers, un camion-benne", témoigne une source policière. "Certains pouvaient gagner jusqu'à 6.000 euros par semaine."

Après une enquête de plusieurs mois, la Sûreté départementale de l'Essonne a interpellé mardi sept hommes âgés de 24 à 50 ans issus de la communauté des gens du voyage, "tous connus des services pour des vols de voitures".


Deux garages illégaux

Lors des perquisitions effectuées dans deux garages illégaux de Baulne et Morangis (Essonne), ainsi qu'aux domiciles des suspects, ont notamment été retrouvées "cinq voitures fraîchement volées, onze pièces détachées ainsi que 6.500 euros en liquide".

Depuis début février, "on a recensé au total une centaine de vols dans le grand ouest de la région parisienne, des Peugeot et des Citroën, essentiellement des citadines", indique cette source policière. "C'est une affaire particulière. Habituellement, on remonte ce type de trafic en posant des balises sur les voitures suspectes. Là, c'était difficile à tracer car elles étaient immédiatement désossées".