Porsche SE, accusé d'avoir alerté trop tard le marché de la manipulation des moteurs, "a manqué à ses devoirs d'information", a estimé le tribunal.

Dans leur décision de plus de 130 pages, les magistrats estiment notamment qu'une note transmise en mai 2014 au PDG de Volkswagen Martin Winterkorn aurait dû entraîner une information des marchés sur les risques financiers résultant de la tricherie.

Les requérants réclamaient au total 164 millions d'euros de dommages et intérêts, par deux procédures distinctes mais examinées conjointement visant Porsche SE, qui peut faire appel, a précisé le tribunal.

Ces décisions sont les premières dans une multitude de procès d'actionnaires, qui réclament au total plus de 9 milliards d'euros d'indemnités à Porsche SE et Volkswagen devant les tribunaux de Stuttgart et Brunswick.

L'éclatement du scandale des moteurs truqués chez Volkswagen en septembre 2015 a entraîné le plongeon en Bourse des actions de Volkswagen de près de 40%, et de 30% pour Porsche SE.

En parallèle des procédures d'actionnaires, plusieurs parquets allemands mènent des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère.

Le gouvernement allemand a également ouvert en mai la voie à des procédures collectives de clients, et un groupe d'associations de consommateurs a déjà annoncé le dépôt d'une requête groupée début novembre.