Selon une lettre des juges d'instruction adressée aux parties civiles, et dont l'AFP a eu connaissance, « la justice allemande, qui enquête sur des soupçons de fraude sur les contrôles antipollution chez le constructeur Volkswagen, a refusé de transmettre ses éléments aux enquêteurs français ».

Saisis depuis plus de deux ans d'une enquête pour « tromperie aggravée », les juges français avaient placé le constructeur allemand sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre mis en examen et simple témoin, en mai 2017.

Ils rappellent que « le groupe allemand Volkswagen AG n'a pas souhaité s'exprimer lors de sa première audition en tant que témoin assisté » et qu'ils souhaitent procéder à une nouvelle audition après l'examen d'un recours procédural du constructeur, prévu en septembre par la cour d'appel de Paris.

Depuis que le scandale a éclaté en septembre 2015, plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des cadres de Volkswagen et ses marques Audi et Porsche, mais aussi de Daimler et de Bosch. En France, outre Volkswagen, trois autres constructeurs sont visés par des enquêtes similaires, à savoir Renault, PSA et FCA Automobiles.

Un malheur n’arrivant jamais seul, selon le magazine allemand Der Spiegel, l'actuel patron de Volkswagen, Herbert Diess, a été prévenu de l'existence d'un logiciel fraudeur pour minimiser les résultats des tests d'émissions polluantes sur les véhicules du groupe deux mois avant que le scandale éclate. En effet, il aurait assisté à une réunion de crise avec Martin Winterkorn. « Le contenu des discussions, auxquelles Martin Winterkorn et Herbert Diess ont participé, ne peut être totalement reconstitué car les souvenirs des personnes présentes varient partiellement », a réagi, un brin fuyant, un porte-parole de Volkswagen samedi 18 août.


(avec AFP)