"Nous pensons que les conditions de libération sous caution ne sont pas efficaces pour empêcher une altération des preuves compromettantes", a déclaré le procureur-adjoint, Shin Kukimoto, lors d'une conférence de presse.

C'est pourquoi, a-t-il précisé, un appel avait été déposé en début de semaine, mais le tribunal de Tokyo l'a rejeté, permettant à l'ex-PDG de Renault-Nissan de retrouver la liberté.
Carlos Ghosn a interdiction de quitter, même brièvement, le Japon, il n'a pas accès à internet, ses allées et venues ainsi que celles de ses visiteurs sont filmées et les images régulièrement remises au tribunal.

M. Kukimoto n'a pas voulu détailler les failles possibles de ce dispositif mais, selon les experts, il suffit par exemple à M. Ghosn d'emprunter le téléphone d'un proche pour se connecter à internet et entrer en contact avec des protagonistes du dossier.
"Maintenant, nous devons continuer notre travail dans ces conditions", a regretté le procureur adjoint.

Si M. Ghosn ne se conforme pas aux règles qui lui sont imposées, il encourt deux types de risques: perdre tout ou partie de la caution déposée (un milliard de yens, environ 8 millions d'euros), ou bien voir sa remise en liberté annulée et retourner en prison.
Le magnat de l'automobile déchu, qui se dit innocent, a été inculpé pour minoration d'une partie de ses revenus pour un montant de 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) de 2010 à 2018, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières. Il a également été inculpé pour abus de confiance.

Son procès ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois.