Le dîner entre initiés à l'Elysée n'aurait-il été que paroles en l'air ? Le mardi 9 octobre, les ministres de l'Environnement de tous les pays européens ont été conviés au Conseil de l'Europe afin de s'entendre sur les futures normes d'émissions de CO2 des véhicules légers neufs pour l'après 2021.

La position qu'a défendu François de Rugy, ministre français de la Transition écologique, a été la suivante : 20% de réduction de CO2 (par rapport aux 95g à atteindre en 2021) en 2025, 40% en 2030. Le ministre a toutefois fait savoir qu'il souhaitait que les utilitaires ne soient pas logés à la même enseigne, avec -15% de CO2 en 2025 et -30% en 2030.
Le ministre a complété son propos en expliquant que les valeurs devaient se fonder sur des mesures effectuées selon le règlement WLTP.
Il s'est en outre prononcé en faveur de la mise en place d'un bonus-malus à destination des constructeurs, qui seraient tenus, selon M. de Rugy, de vendre 20% de véhicules propres (électriques, hybrides rechargeables) en 2025 et 40% en 2030.

La position de François de Rugy est peu ou prou la même que celle du Parlement européen, qui avait voté en séance plénière sur le sujet le 3 octobre dernier. Elle se révèle même un tantinet plus sévère en ce qui concerne les quotas de véhicules propres à vendre par constructeur, car M. de Rugy a fait savoir qu'il préfèrerait que l'on se focalise sur la distribution de véhicules "zéro émission" plutôt que sur les véhicules à faibles émissions.

La position du ministre français, si elle n'a rien de surprenant, vient toutefois contredire une information livrée par Le Figaro et d'autres voilà une semaine. A l'occasion d'un dîner à l'Elysée, le président de la République aurait en effet fait savoir aux constructeurs présents à sa table qu'il était prêt à "renégocier les futures normes d'émissions de CO2 d'ici à 2030" en échange de certaines concessions...