Les taux d'émissions moyens de CO2 pour 2025 et 2030 vont être décidés par Bruxelles dans les semaines à venir, comme L'argus a pu en rendre compte le 26 juin dernier. Mais si Nicolas Hulot, ministre de l'Environnement, trouve les propositions de la Commission timides, c'est tout l'inverse pour l'association des constructeurs européens : "L'ACEA prévient que les objectifs doivent être réalistes, et prendre en considération ce que les gens sont effectivement capables d'acheter" signale la structure actuellement présidée par Carlos Tavares.

L'ACEA, comme elle l'a déjà signalé à plusieurs reprises, voit d'un très mauvais oeil le fait que les constructeurs soient soumis à des quotas de ventes de véhicules propres. Selon la proposition de règlement, les constructeurs se verraient assignés l'objectif de vendre 15% de véhicules électriques ou hybrides entre 2025 et 2029 et 30% à compter de 2030. L'objectif, tel qu'il est pour l'instant rédigé dans le règlement, ne serait pas contraignant. Simplement, les constructeurs auraient droit à des largesses en matière d'émissions de CO2 de leurs autres modèles au cas où ils attendraient les cibles qui leur ont été assignées en matière de véhicules dits propres.

Un mécanisme qui déplaît donc fort à l'ACEA : "Pour situer le contexte, les voitures électriques ont représenté 0,7% du marché européen en 2017" explique l'association, "nous devrions donc passer de moins de 1% de ventes à l'heure actuelle à 30% en l'espace d'un peu moins de 12 ans. Et le Parlement propose même des objectifs encore plus ambitieux, de l'ordre de 50% !"

L'association des constructeurs étaye son propos avec de simples constatations de marché: dans les pays d'Europe où le produit national brut est inférieur à 18 000€ par personne (Pologne, Croatie, Bulgarie, etc), "le marché des véhicules rechargeables est proche de 0%" tandis qu'il ne dépasserait pas "0,75% dans la moitié des Etats membres". Conséquence de la proposition de règlement, "plus de 50% des voitures neuves vendues en Europe de l'ouest devraient être électriques de manière à respecter la moyenne de 30% proposée par la Commission pour 2030". Un état de fait qui paraît peu réaliste aux yeux de l'ACEA.