Les portes claquent et le ton des déclarations monte au fil des jours : lorsqu'il est question de législation et d'émissions de CO2 sur les véhicules neufs, le climat n'est pas forcément serein au sein des diverses institutions de l'Union européenne (UE).

La commission des transports du Parlement de Strasbourg a ainsi procédé à un premier vote sur le futur projet de législation le 10 juillet. Le rapporteur pour avis de la commission est une euro-députée française, Christine Revault d'Allonnes Bonnefoy : "Le bilan ? Une fois de plus, l’environnement passe après les inquiétudes économiques de court-terme, et la majorité conservatrice et libérale de cette commission a tout fait pour étouffer au plus possible les ambitions progressistes que j’ai portées en tant rapporteur" a-t-elle fait savoir dans un communiqué au ton rageur.
Mme Revault d'Allonnes Bonnefoy en veut à ses homologues car ces derniers n'auraient pas soutenu ses propositions en matière de réduction de CO2 des VN pour 2030 : "Moi, je propose -50 % d'émissions de CO2 par rapport à 2021" avait-elle confié peu avant à L'argus, "et si au terme de la procédure nous finissons à -40%, je serais contente..." Mme la députée n'a pas été suivie, au point que "j’ai décidé de retirer mon nom du texte final" a t-elle fait savoir.

Du côté des constructeurs, le résultat du vote du 10 juillet n'a pas non plus suscité de mouvement de joie. L'association qui les représente, l'ACEA, s'est dite "très préoccupée par la faisabilité des objectifs proposés" comme par les "délais" imposés pour y parvenir. Pour l'association sise en Belgique, "20% de réduction de CO2 en 2030 (ndlr, toujours par rapport aux 95g à atteindre en 2021) est un objectif possible, mais à un coût élevé."

Plusieurs commissions du Parlement européen doivent encore s'exprimer sur ce même sujet à la rentrée prochaine. Le texte législatif portant sur les émissions de CO2 des VN pour 2025 et 2030 ne devrait pas voir le jour avant début 2019.