Bourreau de travail et star médiatique, Sergio Marchionne avait habitué les observateurs extérieurs à incarner le groupe FCA. Tout le monde garde en mémoire ses présentations stratégiques de plusieurs heures, reposant sur des centaines de slides, ainsi que ses saillies éclairs qui laissaient parfois les places de marché pantoises. Son style de management était réputé, mais il était très central, vérifiait tout et misait souvent sur des jeunes managers en interne, dont beaucoup font les jours heureux d’autres groupes automobiles (PSA, Volkswagen…), soit dit en passant.

Depuis sa prise de fonction à la tête de FCA, Mike Manley, qui dirigeait auparavant la marque Jeep avec le succès que l’on sait, a su se distinguer de Sergio Marchionne. Volontairement moins omniprésent dans les zones de radars médiatiques et définitivement plus synthétique, son annonce de la réorganisation de l’organigramme du groupe en atteste. Il ne faudrait pas imaginer que Mike Manley est pour autant plus tendre et son explication de gravures sur la place publique à propos des erreurs de Maserati a marqué les esprits au sein du groupe.

Par ailleurs, il délègue plus volontiers, ce qui constituera à n’en pas douter un atout à moyen terme. Il est aussi plus enclin à aller recruter des top managers hors du groupe. Il a ainsi convaincu Mark Stewart de rejoindre le groupe pour superviser les activités en Amérique du Nord, la région la plus économiquement névralgique de FCA. Agé de 51 ans, Mark Stewart a un profil intéressant, car il fait valoir une riche expérience automobile (ZF TRW) et était auparavant vice-président des opérations d’Amazon, supervisant quelque 200 sites.

En outre, Mike Manley a fait appel à Niel Golightly pour diriger la communication de FCA. Agé de 60 ans, Niel Golightly a fait une longue carrière au sein du groupe Shell, ainsi que chez Ford, où il s’est notamment distingué pour ses compétences dans les affaires publiques.

D'autres ajustements managériaux sont susceptibles d’intervenir au premier semestre 2019.