Jeudi 29 novembre 2018 : le couperet est tombé pour les 400 salariés. La fonderie Saint-Jean Industries Poitou (ex-Fonderie du Poitou Alu), située à Ingrandes-sur-Vienne, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon. Et ce, pour la seconde fois en moins de dix ans. Outre le fait que la justice a nommé deux administrateurs, l’entreprise jumelée à la Fonderie Fonte des Fonderies du Poitou, a jusqu’au 28 janvier 2018 pour trouver un repreneur. Ce sont donc seulement deux mois de répit pour recevoir des offres de reprise pour le site. Rappelons que ce placement a été acté à la suite de la demande de cessation de paiement par son directeur.
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"La balle est dans le camp de Renault"

Cette audience de début d’année ferait office d’un premier aperçu puisqu’une seconde serait fixée le 13 février pour examiner les potentielles offres pour l’usine créée en 1979 par le constructeur automobile Renault. Saint-Jean Industries était devenu le nouvel actionnaire en 2011 après un conflit social, sauvant ainsi 400 emplois.

Selon La Nouvelle République, Jean-Philippe Juin, délégué syndical de la CGT, s’interroge sur la brièveté du délai : « A l’audience, ils ont beaucoup parlé chiffres. Nous, on parle de salariés. Il faut qu’une solution rapide soit trouvée ». Renault avait été sollicité en amont pour apporter une trésorerie. D’après le média local, le principal donneur d’ordre à 98% de la fonderie serait prêt à faire la soudure jusqu’à la mi-février. « Aujourd’hui, la balle est dans le camp de Renault, de l’État et des administrateurs », rapporte un porte-parole de la CGT.

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Une grève de 24h

Ce jeudi 29 novembre, une grève de 24h a également été organisée sur le site et plus de 150 salariés ont manifesté. Même le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez s’est déplacé pour les soutenir. Ce représentant a clairement cité le constructeur en principal responsable et aurait réclamé le retour des deux sites de production (alu et fonte) dans le giron du groupe automobile, selon la NR.