Les salariés de la Fonderie du Poitou Fonte vont-ils perdre leurs collègues ? Malgré leur soutien et quelques manifestations, le sort de Saint-Jean Industries (ex-Fonderie du Poitou Alu) pourrait bien être scellé.
Selon La Nouvelle République, le tribunal de commerce de Lyon devrait acter, jeudi 28 novembre 2018 à 8h30, la cessation de paiement par Pierre Ansay, directeur du second site des Fonderies du Poitou basé à Ingrandes-sur-Vienne (86). Le fabricant de culasses en aluminium dans le secteur de l’automobile l’aurait annoncé la veille au comité social et économique de l’usine. Le directeur a confirmé envisager le dépôt de bilan, pour au moins payer les salariés pour le mois de novembre. Près de 400 salariés sont concernés. Si la demande est actée, l’entreprise sera placée en redressement judiciaire et les salaires pourraient être ainsi versés via des assurances.

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Suite à cette nouvelle, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, s’est exprimé au micro de France Bleu Poitou, il sera aux côtés des salariés des Fonderies du Poitou, en soutien, pour cette journée qui s’annonce noire.
Le leader syndical dit vouloir replacer "les responsabilités des uns et des autres. L'employeur a d'abord une responsabilité, tout comme le donneur d'ordres, Renault. Il me semble que l'entreprise travaille à 99% pour Renault. Le groupe avait promis des choses et n'a rien fait." Selon le média, Philippe Martinez pointe aussi du doigt le rôle du gouvernement et s'interroge sur l'absence des représentants syndicaux à Paris à la réunion prévue au ministère de l'Économie.

D’après les dires du délégué syndical de la CGT, Jean-Philippe Juin, dans La Nouvelle République, « La direction nous a expliqué qu’elle avait demandé à Renault une avance de fonds de 1,2 million d’euros pour pouvoir tenir jusqu’à fin décembre, mais qu’elle n’avait eu aucun retour à ce jour. » Il n’y aurait en effet plus de trésorerie pour payer les salariés, eux qui attendent depuis des mois un signe du constructeur automobile français concernant l’attribution de volumes pour 2019-2022.

Le syndicat dénonce donc deux coupables : Renault en tant que premier responsable, mais aussi Saint-Jean Industries, qui n’ont pas tenu leurs promesses. Une grève de 24h sera organisée le jeudi 29 novembre 2018. En attendant le verdict, une réunion à Bercy est également programmée mercredi, la veille, laquelle regroupera l’Etat, Renault, les actionnaires et les pouvoirs publics de la Vienne. Selon La Nouvelle République, la piste d’un actionnaire unique piloté par le constructeur « est sérieusement étudiée ».