La crise du diesel sévit et quelques dégâts se répercutent dans l’ombre. Moins exposés, certains acteurs touchés sont pourtant fournisseurs des constructeurs Renault et Fiat.
Depuis plusieurs mois, le site Les Fonderies du Poitou (Ingrandes-sur-Vienne, 86) fait face à de grandes difficultés, notamment ses deux pôles d'activité, Saint Jean Industries (ex-Fonderie du Poitou Alu) et Fonderie du Poitou Fonte. En cause, une baisse notable des commandes de la part des principaux acheteurs, les constructeurs automobiles Renault et Fiat. Respectivement, il y aurait, entres autres, une chute de 350 000 commandes de culasses pour le groupe français et 50 000 carters pour l’italien.

Selon le média local, La Nouvelle République, un plan social avait été déclenché par la direction début octobre 2018 : 103 postes supprimés (sur 416 soit 70% de nuit) et 85 postes reclassés de jour. A la suite de cette annonce, la base du volontariat pour éviter les licenciements dits secs avait été évoqué. Mais, restait à savoir combien de personnes allaient accepter ce transfert « sachant qu’un salarié de nuit gagne en moyenne 300 euros de plus et qu’il quitte un poste pour un autre de nature différente », rapportaient nos confrères.

L’Etat s’est donc préoccupé de la situation de l’usine. Fin octobre, Jean-Pierre Floris, délégué interministériel aux restructurations d’entreprises avait promis de débloquer une aide de la région et d’ajouter : « le constructeur doit participer à l’avenir des fonderies par un accord commercial, le temps de mettre en place la diversification de l’activité, et ces dernières doivent améliorer le flux et la logistique de l’entreprise », dans La Nouvelle République.

Le 7 novembre, le président de la Nouvelle Aquitaine Alain Rousset s’est rendu sur le site des fonderies du Poitou et a annoncé un soutien financier en débloquant une enveloppe de 3 millions d’euros pour la fonte. Cette aide, qui représenterait 25% de l’investissement total, devrait être à la même hauteur que celle accordée à l’usine Ford de Blanquefort.

Pour l’alu, des discussions sont encore en cours jusqu’à la rencontre des élus de la Vienne et de la région avec le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, prévue le 28 novembre 2018. En attendant, le site d’Ingrandes-sur-Vienne est d’ailleurs réquisitionné pour une journée d’action le vendredi 9 novembre, organisé par la CGT. Selon La Nouvelle République, le syndicat et les salariés restent prudents. « On nous parle d’une reconversion dans les pièces de petite taille comme des disques de frein ou des volants moteurs. Mais avec quels clients potentiels ? Qui financera le reste du plan ? Renault ? D’autres partenaires ? On attend que la direction clarifie les choses » relate le média selon les dires de Tony Cleppe, délégué CGT de la Fonte.

L’attente sera longue mais la pression demeurera principalement sur Renault (et sur les actionnaires de l’alu Saint jean Industries), qui est incompris de tous du fait de l’installation d’usines low-cost (récemment en Turquie).